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Hans Eijkelboom met en boîte la planète

Depuis plus de quarante ans, l’excentrique artiste hollandais compile avec méthode les us et coutumes des Terriens. Ils s’offrent dans Hommes du XXIe siècle.

Hans Eijkelboom se réclame autant du mouvement Oulipo, cet Ouvroir de LIttérature POtentielle cher à Raymond Queneau, créé dans les années soixante à Paris, que de la street fashion, qui clignote ses appels de phare cosmopolites partout dans les rues du monde moderne. Le club ancien lui offre l’art de la contrainte: se plier à des règles pour en exprimer, comme d’un tube de dentifrice, une matière fraîche. Le phénomène contemporain lui permet de baguenauder autour de la planète, son appareil photo au cou, l’obturateur dans la poche, et de cliquer sur le monde sans regarder dans l’objectif.

A 65 ans, l’excentrique se moque de provoquer. «Mes photos, un gag? Alors, la plaisanterie commence à durer! Je me considère au contraire comme un homme très sérieux. Et, à force d’insister, comme un artiste presque ennuyeux, d’ailleurs.» Avec un accent plus corsé qu’une meule d’édam, Hans Eijkelboom s’amuse. L’aspect marketing de son travail, indispensable à sa survie d’esthète, lui semble des plus futiles par rapport au soin de bénédictin qu’il apporte à ses tirages. Il s’amuse ainsi de signer son bouquin chez Colette, boutique parisienne la plus fashionista, se sait privilégié d’être invité à New York, à la Biennale de São Paulo ou, cet été, au Festival Images de Vevey.

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