«J'ai rencontré Penone grâce au réalisateur Claude Berri»

LausanneLe contact entre Giuseppe Penone et Alice Pauli s'est fait en 2000, dix-huit ans après le premier coup de coeur de la galeriste pour l'oeuvre de l'Italien.

Alice Pauli dans sa galerie du Flon. Image: CHRISTIAN BRUN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Ses» artistes, les Soulages, Penone, Fabienne Verdier, Christian Lapie, Philippe Cognee, tous l'appellent «Alice». Tous savent l'énergie déployée par la galeriste lausannoise entre ces cimaises du Flon, une longévité inégalée à Art Basel, des contacts avec les plus grands collectionneurs suisses et étrangers pour défendre leur art et au-delà, l'art comme lien et liant entre les êtres. L'énergie d'une passionnée alliée à celle d'une déterminée, Alice Pauli n'a jamais baissé les bras. Et Giuseppe Penone le sait mieux que personne! Avant d'entrer en contact avec celui que la scène contemporaine internationale reconnaît comme l'un des plus grands, la Lausannoise a dû faire preuve de patience. Ses téléphones ont commencé par résonner dans le vide, alors que ses lettres restaient sans réponse.


Lire aussi: L’arbre de Penone fait monter la sève au MCBA


Mais... c'était sans compter sur sa malice! La dame du Flon, artisane avec son époux des très internationales Biennales de tapisserie de Lausanne, a fait jouer son immense réseau: elle savait le réalisateur Claude Berri prêt à beaucoup de choses pour entrer en possession d'un Louis Soutter, l'artiste vaudois à la fois génie et personnage obscur. «Il savait que j'en avais et venais souvent me voir de façon très intéressée. Un jour, alors qu'il fouinait dans les dépôts de la galerie, il est tombé sur le dernier dessin que j'avais acheté et se tourne vers moi en me disant: «Il me le faut.»» Alice Pauli, qui nous confiait cette anecdote en marge de l'exposition Giuseppe Penone au Musée des Beaux-arts de Lausanne (MCBA) en 2015, a donc cédé, même si elle avait décidé de ne jamais vendre ce dessin. «Je lui ai dit oui... à condition qu'il m'amène Penone. Je savais qu'ils se connaissaient bien».

«Ils sont rares les galeristes qui, comme Alice Pauli, donnent toute leur vie et tout leur amour à l’art.»

Le «parrain du cinéma français» a rempli sa part du contrat. Il a appelé l'artiste italien, lui a dit que la Galerie Alice Pauli était faite pour lui et quelques jours plus tard, Giuseppe Penone arrivait à Lausanne. Dix-huit ans après avoir ressenti un véritable choc émotionnel devant une oeuvre du sculpteur à la Documenta de Kassel, Alice Pauli vernissait sa première exposition Penone. Il y en a eu trois autres depuis, dont la dernière, l'automne passé. L'artiste confiait alors: «J'ai fait cette exposition pour elle. Ils sont rares les galeristes qui, comme elle, donnent toute leur vie et tout leur amour à l’art.»

L'oeuvre phare de cet accrochage, «A occhi chiusi», un sublime tryptique fait d'épines d'acacia a lui aussi rejoint les collections du Musée cantonal des beaux-arts. Alice Pauli a déjà fait don d'une pièce historique de Pierre Soulages, d'un Anselm Kiefer acheté dans l'atelier de l'artiste et de la sculpture de Giuseppe Penone qui s'élève désormais dans le hall d'entrée du nouveau Musée cantonal des beaux-arts. Au moment de matérialiser ces trois dons, en 2017, la collectionneuse glissait: «Je lui avait passé commande d'une sculpture pour moi en lui disant aussi qu'un jour, elle serait pour le musée. C'est lui qui a choisi ce qu'il avait envie de réaliser.» Et Pascal Broulis de conclure ce jour-là: «Ces dons représentent quinze ans du budget d'acquisition du MCBA.»

Créé: 26.04.2019, 14h00

Articles en relation

Un arbre pousse à l'intérieur du MCBA

Evénement Offerte par Alice Pauli, la sculpture de Giuseppe Penone - 14, 5 mètres de haut - vient d'être installée dans le hall du Musée cantonal des beaux-arts à Lausanne. Plus...

«C’est quinze ans du budget d’acquisition du MCBA!»

Musée Pascal Broulis ne cachait pas sa joie, mardi, après avoir pu révéler l’entrée d’œuvres d’envergure dans les collections cantonales grâce à la galeriste Alice Pauli. Une nouvelle accompagnée du prêt d’une huile enviée par le Louvre. Plus...

«En quarante-huit ans, je n’ai manqué que deux Art Basel»

Marché de l'art Doyenne de la plus grande foire d’art contemporain du monde, la Lausannoise Alice Pauli fait partie des rares galeries à être sélectionnées depuis les débuts. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.