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«Quand ça ne marchait pas, il allait au Louvre se ressourcer»

Historienne de l’art, Edith Carey a mis toute son énergie pour faire revivre le peintre vaudois Raoul Domenjoz à l’Espace Arlaud.

Raoul Domenjoz a toujours été attiré par la mer et l’océan. Ici son tableau «La Rochelle: le chantier, 1957», huile sur toile,65 x 81 cm.
Raoul Domenjoz a toujours été attiré par la mer et l’océan. Ici son tableau «La Rochelle: le chantier, 1957», huile sur toile,65 x 81 cm.
COLLECTION D’ART DE LA BCV

Le goût de l’aventure, comme beaucoup, le Lausannois Raoul Domenjoz (1896-1978) l’a cultivé le nez dans les récits du Britannique Joseph Conrad avant de le vivre, un pinceau à la main. Un itinéraire que raconte une exposition montée à l’Espace Arlaud par l’historienne de l’art pulliérane Edith Carey à partir d’œuvres conservées dans les institutions et collections privées vaudoises. La première date de 1916, peinte à l’aquarelle, elle évoque le marché de «La Riponne». Vient ensuite «Ruelle dans Lavaux», la première huile de l’artiste.

– Qu’est-ce qui, chez ce peintre, vous a touchée au point de le faire revivre de façon si monumentale avec une monographie et une rétrospective?

– Tout d’abord parce que j’ai encore connu sa seconde épouse, Jeanne Bolomey, laquelle d’ailleurs portait le même prénom que la première. Et ensemble, nous avions décidé de monter une exposition au Musée Jenisch pour lequel je travaillais, mais le directeur a subitement changé d’avis et j’ai dû ranger mes notes. Plusieurs fois, j’ai hésité à les jeter, mais je les ai quand même conservées. Alors, lorsqu’il y a quelque temps on m’a demandé s’il n’y avait pas quelque chose à faire autour de Domenjoz, j’y ai vu un moyen de rendre justice à Jeanne Bolomey.

– Ainsi qu’à un peintre tombé dans l’oubli?

– De son vivant, c’était quelqu’un de très en vue! Son œuvre est extrêmement variée et, à mon avis – mais vous allez dire que je prêche pour ma paroisse –, cette dernière l’est beaucoup plus que celle de certains de ses contemporains. Je pense à Charles Chinet, Abraham Hermanjat, Maurice Barraud ou même Rodolphe-Théophile Bosshard.

– La variété, est-ce vraiment un critère ou plutôt le signe d’un artiste cherchant sa voie sans la trouver?

– Personnellement, je trouve l’artiste plus intéressant lorsqu’il se frotte à la diversité des genres plutôt que de se concentrer sur une thématique récurrente, ce qui n’enlève rien à la qualité des peintres qui ont fait cet autre choix. Avec Domenjoz, ce qui interpelle, c’est que, bien qu’enfant du Léman, il a toujours été attiré par la mer et l’océan. C’est d’ailleurs le thème qui lui réussit le mieux alors qu’il est en Bretagne ou en Angleterre et peint des petits ports de pêche. Il a énormément travaillé à La Rochelle, fasciné par la lumière.

– Plus que par celle de son propre pays?

– Il fait effectivement partie de ces peintres qui ont eu besoin de l’ailleurs. Avec sa femme, enseignante, ils ont beaucoup voyagé et toujours en allant vers la mer. C’est la raison pour laquelle j’ai intitulé la monographie «La nostalgie de l’infini» (Éd. Infolio).

– Quelle leçon retenir, aujourd’hui, de Raoul Domenjoz?

– Je dirais que pour un autodidacte qui n’a pas pu étudier aux Beaux-Arts – ses parents n’en avaient pas les moyens –, Domenjoz a livré des peintures très intéressantes comme des réalisations surprenantes. C’est dans ses années parisiennes qu’il a formé son regard, disant que lorsque ça n’allait pas, il allait se ressourcer au Louvre. Je suis vraiment surprise de la force de cette peinture et, à voir l’enthousiasme de ceux qui viennent la découvrir dans cette rétrospective, je ne suis pas la seule.

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