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Le Musée de l'Elysée règle sa focale sur ses futures expos

L'institution photographique a présenté ses nouvelles donations et les événements qui rythmeront l'année 2018.

Hiding in the City, une image de Liu Bolin. L'artiste chinois, qui aime se cacher dans ses images pour forcer le spectateur à mieux les regarder, sera exposé au Musée de l'Elysée dès le 17 octobre 2018.
Hiding in the City, une image de Liu Bolin. L'artiste chinois, qui aime se cacher dans ses images pour forcer le spectateur à mieux les regarder, sera exposé au Musée de l'Elysée dès le 17 octobre 2018.
LIU BOLIN

Le Musée de l'Elysée voit loin. Une semaine après avoir ouvert son exposition consacrée au cinéaste Gus Van Sant, ce haut lieu de la photographie présentait mardi la suite de son actualité et son programme jusqu'en janvier 2019! Parmi les bonnes nouvelles, il y a l'agrandissement de son fonds au gré de plusieurs legs de natures fort diverses. «Nous n'acceptons plus que les donations et plus les dépôts», précise la directrice, Tatyana Franck. Les collections confiées au musée réclament en effet un travail de conservation sur la durée, du classement à la mise en valeur, fort important.

Trois donations

Trois donations viennent donc compléter un portefeuille déjà bien rempli (René Burri, Sabine Weiss...). Celle de l'oeuvre prolifique de Jan Groover (voir l'une de ses oeuvres ci-dessous), photographe américaine décédée en 2012 et dont les conservateurs devront tirer une sélection, permettra d'étoffer le volet d'une photographie plasticienne, proche de l'art conceptuel, aux nombreuses compositions de natures mortes.

Une exposition est d'ores et déjà prévue pour 2019. Celle d'Olivier Föllmi, spécialisé dans l'Asie et l'Himalaya, poursuit le filon d'une photographie de voyage déjà bien représentée à l'Elysée avec Ella Maillart ou Nicolas Bouvier – ses maîtres d'ailleurs – même si le transfert de ses archives attendra le déménagement au Pôle muséal. Enfin, la collectionneuse lausannoise Fabienne Levy cède 17 oeuvres, dont une sculpture photographique de Spencer Tunick, cet artiste habitué des grands rassemblements de nus.

Collection prestigieuse et Dubuffet

Parmi les événement annoncés dans un avenir proche, l'exposition «La beauté des lignes», sélection extraite de l'exceptionnelle collection new-yorkaise de Sondra Gilman et de Celso Gonzalez-Falla, ouvrira l'année 2018, dès le 31 janvier, avec des oeuvres des plus grands photographes de l'histoire et fera la part belle au plaisir de l'oeil sur le fil de lignes qui ne sont pas que l'apanage du dessin.

Ce très beau rendez-vous et première présentation de cette collection privée en Europe sera doublé par le parcours de Nicolas Savary, parti sur les traces de Louis de Boccard (1889-1956), explorateur suisse du Nouveau Monde.

Chaplin à Shanghai

L'année se poursuivra sur des gammes pluridisciplinaires préfigurant peut-être des collaborations futures à Plateforme 10 avec une très belle variation sur les potentialités photographiques. Au printemps (dès le 30 mai), une exposition Jean Dubuffet, montée en collaboration avec la Collection de l'Art Brut, dévoilera les rapports du peintre avec ce médium, d'abord utilisé de façon extensive comme archive puis pour ses possibilités propres, comme la projection (voir l'une de ses oeuvres ci-dessus).

Des tirages d'autochrome de Jacques Henri Lartigue (voir l'une de ses oeuvres ci-dessus) compléteront cette passionnante offre printanière. Pendant ce temps, une nouvelle exposition Chaplin montée par l'Elysée partira pour Shanghai, puis le Mexique, avant de passer aux Etats-Unis et revenir en Europe.

Matthias Bruggmann et Liu Bolin

Après la 8e Nuit des images (le 23 juin), l'automne quittera les rivages historiques pour revenir à des approches totalement contemporaines avec le travail du Lausannois Matthias Bruggmann (voir l'une de ses oeuvres ci-dessous), récent lauréat du Prix Elysée, qui creuse avec beaucoup de détermination la très complexe situation actuelle de la Syrie. «Mais cette exposition est un choix du musée, précise Tatyana Franck. Cette décision n'est pas liée au Prix.»

Le photographe suisse, qui oeuvre à casser les clichés journalistiques couramment admis et vise une «ambiguïté morale», sera doublé par une incursion dans l'univers de Liu Bolin, autre star résistante de la création chinoise contemporaine après Ai Weiwei, qui, après s'être fait connaître par des sculptures et des performances, s'ingénie à générer des images où il se camoufle grâce à un art du camouflage qui relève de celui du peintre. Une dissimulation qui contraint le spectateur à redoubler d'attention pour le découvrir et donc à mieux regarder l'image... Une mission de décodage qui pourrait résumer celle de l'Elysée.

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