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Mystérieuse, Madge Gill aimante au-delà du regard

Présente dans les collections d’art brut lausannoises, publiques et privées, l’auteur fait l’objet d’un joli livre traversant les douleurs de son existence.

Madge Gill ne donnait que très rarement des titres à ses compositions.
Madge Gill ne donnait que très rarement des titres à ses compositions.
COLL PH. ETERNOD ET JD.MERMOD, LAUSANNE

Cœur de fille sans père transpercé par la sécheresse affective de sa famille, cœur de mère dévasté devant les tombes de ses enfants, cœur de femme vidé par un époux qui avait pris ses distances, Madge Gill (1882-1961) n’a pas eu à survivre à une descente aux enfers, son existence y a commencé! Sans étincelle possible, sans issue extérieure, restait le seul interstice d’un repli vers une densité intérieure.

La vie de l’une des figures majeures de l’art brut s’y forgera dans une Angleterre de fin de siècle – le XIXe – qui ressemble trait pour trait à celle de Dickens; d’ailleurs, Marie-Hélène Jeanneret ne manque pas le rapprochement, il apparaît dès les premières lignes de l’ouvrage que l’Yverdonnoise, historienne de l’art, journaliste et ancienne collaboratrice de 24 heures, consacre à cette créatrice d’art brut. Au format poche, en bonne compagnie dans cette collection (Alechinsky, Klein, Jorn, de Staël, Soulages, Mosset), il traverse l’existence de la Londonienne, pose les différents jalons et reprend les acquis scientifiques pour entraîner dans un voyage à travers l’œuvre. Il raconte. Les visages omniprésents. La frénésie créatrice. Cette envie de remplir, de remplir encore. De combler?

Complet, aussi dense que limpide, Madge Gill s’ouvre encore à plusieurs voix. Celles du spiritisme – la créatrice disait œuvrer sous l’emprise d’un esprit-guide baptisé Myrninerest –, celles d’experts – dont les directeurs successifs de la Collection de l’art brut à Lausanne, Michel Thévoz, Lucienne Peiry et Sarah Lombardi. La voix, aussi, de Madge Gill. «C’est en 1919, datait-elle dans une interview, que j’ai commencé mon œuvre, c’est alors que j’ai eu une inspiration qui m’a portée à prendre la plume pour faire toutes sortes d’ouvrages d’un caractère artistique.» Des broderies. Des dessins à l’encre de Chine. Et la robe de mariée que cette lecture donne envie de voir ou de revoir à la Collection de l’art brut à Lausanne. Une perspective sensible, pas pour tout savoir, mais pour aller au-delà du regard.

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