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Nicolas Savary sur les traces du «Conquistador» Louis de Boccard

Le photographe lausannois présente au Musée de l'Elysée un projet qui l'a amené à enquêter en Amérique du sud. Une expo mais aussi un livre.

Nicolas Savary devant un de ses cadres mêlant photo et documents.
Nicolas Savary devant un de ses cadres mêlant photo et documents.
Keystone

À première vue, le projet Conquistador de Nicolas Savary, exposé dans le sous-sol de l’Élysée, semble s’apparenter aux démarches documentaires récentes d’un Yann Gross sur le fil de l’Amazone (Le livre de la jungle) ou d’un Thomas Brasey chassant les vestiges de la communauté fribourgeoise de Nova Friburgo au Brésil (Boaventura).

Même façon d’entremêler différentes logiques visuelles en refusant les approches trop frontales, explicites. Même souci du détail significatif évoquant la complexité d’un réel qui ne se laisse pas facilement unifier. Si le photographe lausannois ne récuse pas des parallèles possibles, il insiste, à raison, sur le travail approfondi réalisé sur des archives, spécificité de sa démarche.

Documentation plastique

Plus prosaïquement, Nicolas Savary est parti sur les traces d’une figure patricienne fribourgeoise, Louis de Boccard, qui s’exile en Argentine en 1889, avant d’y mourir en 1956. Une malle pleine de la correspondance et d’albums photos de l’aventurier le lance dans l’enquête. Elle passera autant par la lecture de ses lettres et la recherche de documents d’époque – une somme qu’il documente de manière très plastique dans l’ouvrage qui vient de paraître – que par un reportage sur les lieux qui ont vu évoluer ce propriétaire terrien, chasseur, explorateur et même diplomate.

À contre-courant du dogme contemporain, Nicolas Savary se revendique volontiers d’une logique «narrative». Mais assumer la volonté de faire récit n’implique pas de simplifier le propos par un vernis pittoresque ou mythifiant. Bien au contraire, en investigateur oscillant entre l’artiste et l’historien, il dispose des éléments en constellation sans donner toutes les pistes de lecture. Il appartient au lecteur/visiteur de trouver son chemin, en redoublant le parcours incertain d’un photographe qui ne prétend pas faire toute la lumière sur un Louis de Boccard à la stature équivoque (plusieurs allusions à ses penchants de prédateur de femmes).

Dans ce mouvement irrésolu, les fantômes du passé réapparaissent, des fictions énigmatiques s’entrouvrent et le présent de l’enquêteur dévoilant l’Argentine d’aujourd’hui s’en mêle. Une recherche prenante qui exige un temps d’imprégnation.

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