Patrick Wyss s’offre un autre monde en déambulant dans l’univers du trait

PublicationArtiste aux diverses passions, le Morrennais publie «Imago, rejouer la création», un ouvrage hybride entre la BD et l’album de dessins.

La figure de la femme joue les premiers rôles dans l’univers de Patrick Wyss

La figure de la femme joue les premiers rôles dans l’univers de Patrick Wyss Image: PATRICK WYSS

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Il y a comme une renaissance perpétuelle dans ses volutes qui en génèrent d’autres, comme une germination permanente dans ses arabesques. La ligne de Patrick Wyss ne file pas droit, elle ne connaît ni les angles ni les directives, mais flirte avec les fluidités. Pour son premier ouvrage imprimé de 144 pages – Imago, rejouer la création –, l’artiste l’a laissée faire. Délié de ses propres savoirs, il l’a libérée pour la laisser engendrer sur la feuille blanche.

Badinant entre l’architecture d’une planche de BD et l’album de dessins, les 500 exemplaires tirés à compte d’auteur se sont tracés une voie à part. «J’ai avant tout recherché l’enchantement, une sorte de rêverie, de poésie qui, poursuit l’artiste, se passerait du verbe.» Ebéniste formé sur les chemins des compagnons et de la belle facture, le Morrennais a toujours dessiné. Mais, une fois la frontière entre l’artisanat et l’art franchie, Patrick Wyss s’est donné du temps pour maîtriser le dessin, pour s’imprégner de ses langages. L’esprit déjà happé par des questions métaphysiques, il a d’abord gravé comme les maîtres du XVe siècle Dürer et Cranach avant de rendre son autonomie à la main qui dessine. «Pour nourrir le flux d’un échange verbal, on puise dans notre lexique. Je voulais arriver à la même spontanéité et dessiner sans préméditation. Je voulais arriver à ce que la main devienne le centre des pensées. Que ce soit elle qui suggère les réponses aux questions existentielles qui n’en ont pas.»

Un univers de l'évocation

Du big-bang au retour dans l’infini, Imago rejoue la création. Mais, récit sans histoire, il se joue au rythme de la déambulation devant un spectateur plus que pour un lecteur. On est dans l’apesanteur, dans une métaphore fantastique, dans une métamorphose organique continue, dans un univers de l’évocation. Solaires, prêtresses ou matrices, les femmes y règnent. Ce sont elles qui «répondent aux exigences de beauté et d’harmonie» de l’artiste, ce sont elles qu’il a chargées de «susciter un étonnement sensuel». (24 heures)

Créé: 06.07.2015, 21h22

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