Quand Paul Éluard et Joan Miró marient leur poésie

ExpositionLa Fondation Jan Michalski raconte, à Montricher, l’histoire de ce livre singulier qui a pris dix ans pour naître.

Exemplaire original du livre d’artiste sur papier japon, xylographies de Joan Miró autour du texte typographié de Paul Éluard, pages 76-77.

Exemplaire original du livre d’artiste sur papier japon, xylographies de Joan Miró autour du texte typographié de Paul Éluard, pages 76-77. Image: Successió Miró, 2020, ProLitteris, Zurich / Éditions Gallimard

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Éluard, mort en 1952, n’a jamais vu la version finie! «À toute épreuve», livre d’artiste né de l’enthousiasme artistique d’un triumvirat, entre le poète, l’éditeur genevois Gérald Cramer (1916-1991) et l’artiste Joan Miró (1893-1983), a mis dix ans pour exister.

L’histoire tient de l’aventure, significative dans le monde des arts comme de l’édition; elle est exposée à la Fondation Michalski, à Montricher, et racontée à travers six maquettes, la correspondance, les photographies et quatre des 130 exemplaires originaux qui permettent de parcourir l’ensemble de la publication.

Le poète, le cœur désemparé alors qu’il voit Gala, sa femme, rester chez Dalí à Cadaquès, est le premier à dégainer. Entre 1929 et 1930, il écrit la solitude, l’amour, en même temps qu’il rencontre Nusch, sa nouvelle compagne. Publiés aux Éditions Surréalistes, les textes sont envoyés à Miró qui dit son enthousiasme.

Mais le projet, son projet d’en faire un «livre total», devra attendre qu’il en termine d’autres pour se déployer dès 1948.

Un petit détail piquant, le Catalan demande à être payé en francs suisses dans une banque suisse alors qu’il se lance dans une aventure gigantesque. Il choisit la gravure sur bois et travaille sur des matériaux récupérés. Miró va libérer toute la richesse de ses couleurs, son purisme formel sur plus de 230 bois.

Au final 80 xylographies seront publiées en 1958 dans «À toute épreuve», ouvrage où deux langages poétiques font plus que se répondre, ils s’entrecroisent.

Créé: 21.02.2020, 11h00

Montricher, Fondation Michalski
Jusqu’au 10 mai, ma-ve (14h-18h), sa-di (9h-18h)

www.fondation-janmichalski.com

Articles en relation

Suivre René Char, de la terre au cosmos

Exposition La Fondation Michalski à Montricher retrace dans un riche parcours trente ans de création du poète français. Plus...

Les écrivains se battent pour dormir en cabane!

Montricher La Fondation Michalski a reçu 1600 candidatures pour des projets littéraires. Un record! Plus...

Anselm Kiefer entre les lignes

Exposition La Fondation Michalski invite à découvrir à Montricher l’œuvre plus intime de l’Allemand. Plus...

Après les écrivains, la Fondation Jan Michalski accueille un festival

Montricher Bibliotopia est le nouveau salon littéraire à la campagne, dès vendredi. Plus...

La modernité folle de «La Prose du Transsibérien»

Exposition La Fondation Michalski, à Montricher, présente trois exemplaires du «livre simultané» créé en 1913 par Blaise Cendrars et Sonia Delaunay. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.