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«Mes photos sont iconiques?Quel beau compliment!»

Anne Geddes s’est plongée dans ses archives classiques et inédites pour «Small World». Interview.

Les adorables triplés qu'Anne Geddes a retrouvées adultes et toujours aussi mignonnes.
Les adorables triplés qu'Anne Geddes a retrouvées adultes et toujours aussi mignonnes.
Anne Geddes

Quelle petite fille n’a pas craqué devant un nouveau-né paisiblement endormi dans la corolle d’une fleur ou blotti dans d’énormes mains masculines? Les images de la photographe Anne Geddes ont couvert bien davantage de murs que ceux des cabinets de pédiatrie. A 60 ans, l’Australienne ne se contente plus de laisser ses photos parler d’innocence. Elle prend le micro – et avoue commencer à aimer cela – pour évoquer la défense des enfants, la vaccination et les femmes qui doivent rester maîtresses de leur corps depuis cette Amérique où elle a émigré mais dont elle méprise le président. Coup de fil à l’occasion de la sortie du très beau Small World (Ed. Taschen).

Vos images pastel pleines de douceur sont l’exact opposé de celles dont on est inondé sur les chaînes d’information

Exactement! Plus le monde devient fou, plus mon message prend de la valeur. Je ne me lasse pas de photographier les nouveau-nés parce qu’ils représentent l’espoir, l’innocence, une nouvelle vie qui commence pour eux, mais aussi pour ces adultes qui deviennent père et mère. A ce moment-là, rien de positif ni de négatif ne leur est encore arrivé. Et si j’y pense, cela me fend le cœur d’imaginer ce qui pourrait leur arriver dans le monde actuel.

C’est ce qui vous a poussé à lancer «Baby look at you now» pour retrouver les bébés que vous avez immortalisés?

En fait, je me suis toujours dit que je me lancerai sur leurs traces pour mes 60 ans. C’est assez magique de voir que les deux bambins joufflus que j’ai photographiés dans des choux sont devenus de magnifiques jumeaux adultes en smoking sur l’image que j’ai reçue. Il y a aussi Maneesha, la minuscule prématurée en noir-blanc, qui est aujourd’hui photographe. C’est complètement dingue de penser que nous avons partagé un verre de vin!

La petite héroïne d’une de vos images iconiques…

Mes photos sont iconiques? Quel beau compliment! Enfin, ce n’est pas vraiment à moi de juger, mais il est vrai qu’en en voyant certaines, j’ai réalisé qu’elles auraient peut-être plus de portée que d’autres. Ce qui est sûr, c’est qu’elles sont universelles et je me suis aperçue en fouillant dans mes archives – qui sont pour la plupart sous forme de film, le stockage sur le nuage me fait peur! – qu’en plus, elles sont assez intemporelles. Même des portraits pris dans les années 90 pourraient avoir été shootés hier.

Qu’est-ce qui fait une bonne photo?

Celles que l’on peut regarder longtemps, dans lesquelles le photographe a mis son cœur. Quand je regarde certains fils Instagram, je me dis: mais quel intérêt? Il y a tant d’images inintéressantes ou alors fabriquées. On vit dans un monde où chacun passe ses journées les yeux rivés sur des trucs rectangulaires. Il m’est arrivé de parler à des écrans plutôt qu’à des humains.

Et pourtant vous utilisez Skype…

Oui, je l’avoue! Je travaille avec la même styliste depuis le début et comme elle est restée en Nouvelle-Zélande, je n’ai pas vraiment le choix!

Aujourd’hui, vous ne parlez pas seulement à travers vos photos?

Non. Je me rends compte que je dois étoffer mon message. Je travaille avec beaucoup d’ONG, notamment pour montrer les dégâts causés par la méningite, qu’un simple vaccin peut empêcher. Si mes images peuvent faire avancer une cause, je n’hésiterai pas un instant. Défendre les enfants – j’ai deux filles – a toujours été mon cheval de bataille.

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