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Pollock transfiguré à Bâle

Restreint à son rôle d’inventeur du «dripping», jamais l’expressionniste abstrait américain n’avait été accroché que dans ses œuvres figuratives. Le Kunstmuseum lui rend cette justice. Audacieux.

Le Kunstmuseum de Bâle révèle un pan méconnu de l’œuvre de Pollock dans un parcours d’une centaine de pièces.
Le Kunstmuseum de Bâle révèle un pan méconnu de l’œuvre de Pollock dans un parcours d’une centaine de pièces.
JULIAN SALINAS

Bien sûr… Jackson Pollock (1912-1956), c’est l’homme de la rupture avec l’image. Celui de l’«action painting» qui arpentait fiévreusement sa toile posée au sol comme s’il en faisait partie, celui du «dripping» transformant en geste pictural les fluidités et autres jets de couleurs. L’un de ceux à avoir aboli les titres pour que vive la matière devenue peinture, pour qu’émerge et éclate la «pure peinture». Mais pour l’expressionniste abstrait américain comme pour d’autres, il y a eu un avant figuratif. Des paysages. Des cartographies intimes. Des figurations libres. La différence? C’est que dans une carrière courant sur plus de trois décennies, il y a aussi eu un après… figuratif. Des danses rythmées. Des silhouettes. Des océans de regard. Et c’est tant pis pour l’histoire qui aime se rassurer en s’accrochant à ce qui fait la singularité d’un artiste, le Kunstmuseum de Bâle exhume ce Pollock-là, le figuratif et se passe – sans frustrer – des œuvres cultes.

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