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Record mondial pour Borgeaud vendu par son plus grand fan

La première partie de la collection Givel dispersée mercredi à Bâle a attisé les passions suisses et étrangères et additionné les prix forts.

Version un peu plus petite que celle conservée au Musée cantonal des beaux-arts à Lausanne, «Intérieur à la table rouge» (54 x 65) est désormais le tableau le plus cher en ventes aux enchères de Marius Borgeaud.
Version un peu plus petite que celle conservée au Musée cantonal des beaux-arts à Lausanne, «Intérieur à la table rouge» (54 x 65) est désormais le tableau le plus cher en ventes aux enchères de Marius Borgeaud.
BEURRET&BAILLY

Quelque 535'000 francs pour Intérieur à la table rouge, de Marius Borgeaud! En suspension dans l’atmosphère de la salle des ventes Beurret & Bailly à Bâle, même le souffle ne semble pas y croire… il faut une salve d’applaudissements pour libérer l’atmosphère de la tension d’une passe d’armes entre plusieurs collectionneurs au téléphone. Elle aura duré quelques longues, très longues minutes. Son résultat aboutit à un record mondial multipliant le précédent par cinq, du jamais-vu pour le peintre vaudois (1861-1924) dont la cote varie autour des 50'000 francs – sans dépasser les 100'000 francs – depuis une dizaine d’années. Mercredi soir, l’engouement profitera à l’ensemble des six toiles à saisir de l’artiste, dont La Bretonne et ses poules adjugée 115'000 francs.

Si elle peut attrister lorsqu’une collection vole en éclats – le cas de ces trésors passionnément réunis par deux générations de la famille Givel, les parents et le fils – une vente aux enchères, c’est aussi ça! Asseoir, confirmer ou renforcer la cote d’un artiste. Mais comme l’histoire sait faire de jolis clins d’œil, mercredi soir, elle ne s’est pas privée: ces Borgeaud longuement, âprement, fébrilement disputés appartenaient tous au plus grand ensemble en mains privées de l’artiste. L’œuvre d’une famille qui aimait vivre avec ses tableaux dans sa maison de Lonay autant que les faire circuler, une collection de prêteurs. À chaque sortie du peintre – au Musée Jenisch à Vevey en 1993, chez Gianadda en 2001, à la Fondation de l’Hermitage en 2015 – les Borgeaud des Givel étaient là! Les premiers sont acquis dans les années 1950 par les parents Claire et Roger, le fils Jean-Claude, pionnier de la chirurgie viscérale au CHUV, assurera la continuité de cette ferveur inconditionnelle jusqu’à devenir président de l’Association des amis de Marius Borgeaud! Son décès subit en 2015 mettra une fin abrupte à cet échange de regards et amènera les héritiers à la décision de vendre.

L’intérêt manifesté dès l’annonce de cette décision en février s’est amplifié et… vérifié dans la salle bâloise. «Normalement, on compte sur un rythme de vente de 70 numéros à l’heure. Il en a fallu un peu plus de deux pour les 64 numéros du catalogue Givel tellement il y avait d’enchérisseurs au téléphone, commente Emmanuel Bailly. La qualité des pièces compte pour beaucoup dans cet excellent résultat tout comme leur état irréprochable et leur pedigree d’œuvres souvent exposées et commentées dans des catalogues.» Les indicateurs au vert sur un marché de l’art suisse très solide sur ses bases – dans l’après-midi, la même maison de vente établissait un record pour un Autoportrait de Ferdinand Hodler à 730 000 francs – 60 des 64 numéros ont fait grimper les mises de départ parfois haut, d’autres très haut. Et ce dès le coup d’envoi avec un petit format de François Bocion, parti de 18 000 francs pour atteindre un prix final de 78'000 francs.

Dans la foulée, les bois de Vallotton – très souvent disputés en anglais au téléphone – se sont envolés jusqu’aux 64'000 francs atteints pour La mer (1883), estimé entre 2000 et 3000 francs. «Si on regarde les derniers résultats de cette planche dans les ventes aux enchères, l’une a fait 2000 francs et l’autre n’a pas été vendue. C’est incroyable! insiste Emmanuel Bailly. L’art suisse se vend bien, on le voit sur l’ensemble de la journée, on voit aussi des signatures émerger sur le marché comme celle de Marius Borgeaud ou d’autres noms moins connus comme Hans Berger qui a quintuplé son estimation de base. L’effet collection joue un rôle important pour celui qui va se décider à acheter, mais là, il a été décuplé.» L’histoire n’est pas finie! La collection Givel comptait quelque 400 pièces, deux autres cessions sont prévues dans l’année.

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