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Un témoignage «Tutti a casa»

Les Lausannois n’ont jamais été aussi nombreux aux fenêtres et aux balcons. Le photographe Marko Stevic est parti à leur rencontre. De loin.

Steven, avenue Druey à Lausanne. Marko Stevic
Steven, avenue Druey à Lausanne. Marko Stevic

Se balader au gré des rencontres pour mettre en image l’être humain dans son espace architectural: Marko Stevic, 33 ans, en a fait son cheval de bataille depuis de nombreuses années. Bien avant sa formation à l’École cantonale d’art de Lausanne, le photographe a arpenté les rues de son enfance, dans le quartier de la Blancherie, à Chavannes-près-Renens, témoignant du quotidien des voisins ou d’inconnus. Avant le retour aux origines familiales: son père, Zarko, et sa mère, Liliana, sont arrivés de Serbie, il y a plus de quarante ans. Belgrade sera le sujet du travail de diplôme qu’il défend en 2011: le fils unique retrouve des proches connus durant les vacances et se laisse porter par le hasard. «L’architecture est à la fois belle et moche, explique Marko Stevic. Ma grand-mère habite d’ailleurs toujours dans un imposant immeuble à l’allure soviétique. Dans toutes mes photographies, je cherche à capter les contrastes entre les gens et les blocs, mais aussi entre la froideur des extérieurs et les décorations lumineuses des appartements.»

Si près si loin

Pour son dernier projet en cours, «Tutti a casa», à Lausanne, son lieu de domicile, le photographe actuellement à la recherche d’un emploi doit garder ses distances. «Quand tout a commencé à être fermé, je me suis dit qu’il fallait témoigner. Il en va de ma responsabilité de photographe. Je dois documenter cette période qui restera gravée dans l’histoire, même s’il faut sortir de chez soi. C’est maintenant ou jamais.» Armé de sa caméra, l’homme plonge d’abord dans les rues vides, de nuit, mais très vite se lasse. «C’est ce que tout le monde fait. Un jour, je suis tombé sur mon pote Husso accoudé au balcon de son appartement, rue de l’Ale. La discussion s’est prolongée et j’ai eu envie de le prendre en photo. Comme un besoin d’immortaliser cet instant, à la fois intime et empreint d’une barrière qu’on ne peut plus franchir en temps de crise.» L’envie de contact avec les gens cloîtrés chez eux et qu’il ne peut approcher se poursuit, lui permettant de faire de belles rencontres. «Parfois on rigole: un jour, j’ai vu un père de famille qui distribuait des glaces aux enfants de l’appartement du dessous depuis son balcon. Mais c’est une période très triste aussi, ces clichés renvoient à tout ce qui se passe actuellement, beaucoup de gens perdent la vie.»

Chaque immeuble a une esthétique propre. Des couleurs et des formes dont l’artiste s’inspire pour réaliser ses portraits de loin. «Je prends toujours en compte les lignes graphiques qui entourent mes modèles, avant de les placer simplement dans le cadre. Après quoi chacun fait comme il veut! C’est ce naturel que je cherche à sublimer.» Son site internet témoigne de son engagement: il fleurit chaque jour et révèle notre train de vie bousculé… jusqu’à quand?

www.marko-stevic.ch

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