Toussaint se fait tout un polar des «Intimités» de Vallotton

Publication Le nouvel ouvrage flirte entre les genres pour entrer dans l'oeuvre de l'artiste né à Lausanne.

«La raison probante», l’une des dix planches des «Intimités», série gravée par Vallotton en 1898.

«La raison probante», l’une des dix planches des «Intimités», série gravée par Vallotton en 1898. Image: EDITION MARTIN DE HALLEUX

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Malin! Au-delà de sa couverture qui brille, «Félix Vallotton intimité(s)» est à la fois un livre d’art et pas un livre d’art… Précis, expert, il informe; incitatif et romanesque, il inspire. C’est que, depuis son grand retour sur le devant de la scène avec l’exposition du Grand Palais à Paris en 2013, l’artiste, né à Lausanne en 1865 et mort Français soixante ans plus tard, n’en finit plus de faire les couvertures de romans ou d’essais. Ses huiles, ses gravures mais surtout son art de la théâtralité ouvrant les portes de l’ambiguïté attirent, cristallisent l’universel et rassemblent.

Dans les premières pages de ce dernier ouvrage, l’écrivain et académicien belge Jean-Philippe Toussaint (Prix Médicis pour «Fuir») a croché son propre imaginaire sur la série des «Intimités», une suite dedix bois gravés parus aux Éditions de la Revue blanche en 1898. Ou les différents rythmes d’un couple secoué par l’adultère.

Toussaint les a regardés vivre; s’invitant dans ces intérieurs bourgeois, il a scruté les non-dits et fendu l’atmosphère parfois asphyxiante. Mais il ne raconte pas; son intervention joue sur le terrain de la subtilité comme la gouge de l’artiste: il insinue et se fait tout un polar des «Intimités» de Vallotton, avant de se retirer sur la pointe des pieds pour laisser le lecteur, désormais conditionné, dénouer les intrigues et nouer ses propres interprétations.

L’enquête continue et devient scientifique avec les textes de Katia Poletti (conservatrice de la Fondation Félix Vallotton à Lausanne) sur l’artiste et cette série «qui n’a pas connu le succès escompté au moment de sa parution». Une enquête aux ramifications multiples! «Après le tirage limité à 30 exemplaires, les matrices ont été détruites et seuls des fragments ont été conservés comme justificatifs. J’ai demandé où ils se trouvaient, explique l’éditeur Martin de Halleux, ils ont été retrouvés dans les réserves du Musée cantonal des beaux-arts, à Lausanne, et sont publiés pour la première fois.»

Créé: 12.10.2019, 16h00

Infos pratiques



«Félix Vallotton, intimité (s)»
Jean-Philippe Toussaint, Katia Poletti

Editions Martin de Halleux
77 pages

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