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Vullierens fait une vraie fleur à la sculpture

La floraison n’est pas que végétale au Jardin des iris, la collection d’œuvres d’art s’est encore enrichie aux côtés d’une exposition de «jeunes pousses».

Présentes depuis 2014, les créatures de l'artiste français Christian Lapie veillent sur la mosaïque d'iris formée de plus de 400 variétés différentes.
Présentes depuis 2014, les créatures de l'artiste français Christian Lapie veillent sur la mosaïque d'iris formée de plus de 400 variétés différentes.
ODILE MEYLAN
«A rebours», ou de l'autre côté de l'armoire avec Virginie Delannoy.
«A rebours», ou de l'autre côté de l'armoire avec Virginie Delannoy.
ODILE MEYLAN
Jean Scheurer rythme le temps à l'écoute de ses vibrations.
Jean Scheurer rythme le temps à l'écoute de ses vibrations.
ODILE MEYLAN
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Peuple sans nom et sans maître, les géants taillés à la tronçonneuse par Christian Lapie avaient trouvé leur biotope dans la terre des iris en 2014 pour une exposition, ils y sont restés. Indices d’une humanité généreuse et… passeurs d’un secret qu’ils semblent murmurer aux nuages. C’est cette sereine majesté qui unit et réunit les sculpteurs du château de Vullierens, une collection impressionnante d’une cinquantaine de pièces contemporaines, essaimant un art qui pose sans imposer, un art qui dit le silence dans tous ses états sans vouloir à tout prix questionner.

Des essences du monde entier

Le Jardin des iris – plus de 50'000 fleurs en ce moment, au sommet de leur art de la couleur et de la démultiplication – c’est avant tout la nature, une force décuplée par les racines centenaires des 99 arbres de l’allée cavalière ou choyant son enchantement autour d’un étang caché à l’abri d’un sous-bois. C’est aussi cette poésie capable de densifier l’espace en toute liberté dans un jardin secret ou, à l’inverse, de le dessiner géométrique dans un parterre où les roses ont pour nom Gertrude Jekyll ou Super Fairy. La nature de Vullierens, c’est encore la rencontre d’essences du monde entier et une machine à remonter le temps devant les palmiers exotiques rappelant leurs ancêtres qui ornaient la cour du château au XIXe siècle. C’est donc une fleur que cette nature fait à la sculpture en la laissant pénétrer son royaume.

Les pièces s’élèvent avec le Français Lapie ou rampent en évoquant un univers minéral avec l’Yverdonnois Etienne Krähenbühl. Toujours puissantes, toujours en se mêlant à l’intimité du lieu, chacune a sa vie propre. Il y a les complicités humanoïdes exhalant l’âme de la matière de l’Espagnol Manuel Torres – certaines sont là depuis quinze ans –, il y a le nid foisonnant tissé dans le bois par la Genevoise Mireille Fulpius, il y a encore les deux sculptures à avoir rejoint cette année ce collectif respirant avec la nature: Gillian White, chorégraphiant dans l’acier un souffle invisible, et ce même acier Corten fait improbable légèreté géométrique par l’Allemand Werner Pokorny. Toutes s’ajoutent comme un nouveau maillon à la cohérence des lieux, toutes ont l’énergie de la nature pour source et pour envie.

Face à la monumentalité

Difficile pari que de s’inscrire dans cette continuité presque sacrée, ce que fait le Centre d’art contemporain d’Yverdon, invité par les maîtres des lieux à semer ses «jeunes pousses». Des photographes, dessinateurs, peintres, sculpteurs, plasticiens comme autant de regards posés sur le paysage… Intérieur comme un autoportrait, abstrait comme une vibration continue, ou fluide ainsi qu’une suite calligraphique. Explosives, parfois kitsch, ou alors lettrées, les suggestions affluent aux cimaises de la galerie pour tirer la ligne d’horizon au-delà de la réalité. Elles se poursuivent le long de l’allée cavalière, souvent plus anecdotiques, et résistent mal à la force monumentale de cette nature qu’elles tentent de questionner.

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