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Les Assises culturelles vaudoises esquissent les défis à relever

Près de 500 participants ont participé, ce lundi, au 3e grand raout dédié aux milieux artistiques du canton. Une rencontre surtout menée entre convaincus.

Près de 500 personnes ont assisté, aujourd'hui, aux Assises culturelles vaudoises, à Vidy.
Près de 500 personnes ont assisté, aujourd'hui, aux Assises culturelles vaudoises, à Vidy.
Jean-Bernard Sieber

«L’aide à la création est vitale»; «celle-ci doit être imaginée à partir de la réalité du terrain»; «il faut pouvoir accompagner les artistes sur le long cours»; «la diffusion constitue le nerf de la guerre»; «l’union fait la force». Entre convaincus, beaucoup de portes déjà ouvertes ont été enfoncées, ce lundi à Vidy. Pour la troisième fois, les milieux artistiques vaudois – acteurs institutionnels et politiques compris – étaient réunis à l’occasion des Assises culturelles vaudoises. Un rendez-vous institué par Anne-Catherine Lyon en 2012 et suivi d’une 2e édition en 2014, lorsqu’il s’agissait de discuter puis de présenter les nouvelles lois cantonales dédiées à la culture.

Libérée cette année des questions législatives, la réunion (qui a réuni près de 500 participants et une vingtaine d’intervenants) pouvait entrer dans le vif du sujet et s’ancrer plus concrètement dans le terrain. Avec comme thème de discussion: les programmes de soutien et les coopérations – intercommunales, cantonales, suprarégionales, voire internationales – visant à favoriser la création et le rayonnement de la culture. La première salve de témoignages de personnalités issues des six grands domaines (cinéma, musique, théâtre, arts plastiques, littérature et danse) a permis de survoler les bienfaits des conventions de subventionnement développées, par-delà les échelons du fédéralisme et les principes de subsidiarité qui en découlent.

«Satellisation de la culture»

Au-delà de l’exercice d’auto-congratulation et de satisfaction généralisée – la plupart des intervenants étaient bénéficiaires d’aides publiques –, cette première rencontre a tracé, en filigrane, les progrès accomplis depuis vingt ans en matière de subventionnements et soutiens structurels. Au niveau des réseaux supra-régionaux, elle a pointé le fossé idéologique avec la Suisse alémanique, frileuse des appareils publics quand il s’agit de financer les créateurs. Ou le danger d’une «satellisation de la culture», quand des pôles importants resserrent les rangs avec des zones moins bien loties. A l’heure des questions, la seule tentative de muscler le débat a été bottée en touche. Le comédien Jean-Luc Borgeat a souhaité pousser les échanges vers les enjeux esthétiques induits, parfois à l’encontre des goûts du public, par certains choix de politiques culturelles. En vain.

Ont suivi une courte présentation d’instruments étatiques en place et, surtout, une table ronde qui a réuni quatre syndics vaudois confrontés aux nécessités et limites des financements intercommunaux. Un vaste enjeu abordé dans les nouvelles lois cantonales et qui, d’un bout à l’autre du territoire, s’est développé sur des modèles très différents, allant du pot commun à la création d’un conseil régional.

«Favoriser les collaborations»

Ce troisième et dernier volet de la journée a réuni, sur scène, Christelle Luisier Brodard (Payerne), Grégoire Junod (Lausanne), Laurent Wehrli (Montreux) et Gérard Produit (Coppet). Il a permis de mesurer les efforts réalisés depuis une dizaine d’années afin de régionaliser l’aide aux artistes locaux ou celles dédiées aux institutions sises dans les villes centres. Un vieux serpent de mer, dans le canton de Vaud. Cet échange entre élus locaux a pointé les défis à relever pour réduire les écarts qui séparent encore les enveloppes communales dévolues à la culture au sein d’une même région. A défaut d’argent ou de dispositif intercommunal préexistant, «on peut imaginer d’autres solutions pour favoriser les collaborations», a lancé la syndique de Payerne.

Plus urgent, cette table ronde a révélé à quel point le «retour sur investissement» devient crucial dans toute négociation de programme d’entraide: «Plus personne ne donne quelque chose sans s’assurer d’avoir une contrepartie, a rappelé Gérard Produit. Face à une situation économique qui se détériore, les milieux culturels doivent redoubler d’effort en matière de communication, amener leurs créations hors-les-murs pour encourager l’adhésion de la population.»

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