Shakespeare hôte de Blake et Mortimer

Bande dessinéeDe Londres à Venise, le célèbre duo mène l’enquête sur le plus British des dramaturges dans «Le testament de William S.»

Dessinée par André Juillard, une illustration inédite pour «Le testament de William S». En compagnie d’une jeune et jolie historienne de l’art, Philip Mortimer mène une course contre la montre liée à la véritable identité de Shakespeare

Dessinée par André Juillard, une illustration inédite pour «Le testament de William S». En compagnie d’une jeune et jolie historienne de l’art, Philip Mortimer mène une course contre la montre liée à la véritable identité de Shakespeare Image: ed. blake et mortimer

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By Jove! Toujours fringants septante ans tout juste après leur création par Edgar P. Jacobs, Blake et Mortimer mènent l’enquête sur William Shakespeare. Raccords avec l’actualité au cours d’une année 2016 qui célèbre les 400 ans de la mort du plus British des dramaturges, nos deux héros tentent d’élucider ce que personne n’a jamais pu trancher: l’identité du célèbre écrivain. De Londres à Stratford-upon-Avon, puis de Venise à Ravenne, le fameux duo s’engage dans une périlleuse course contre la montre, afin de ramener un document qui suscite force convoitises. A distance, Olrik va bien évidemment leur mettre des bâtons dans les roues…

Entre romanesque et réalité historique, Yves Sente tricote dans Le testament de William S. un de ces scénarios alambiqués dont il a le secret. «Le thème m’est venu d’une émission diffusée sur Arte», explique l’auteur belge (52 ans) dans le livre d’entretiens L’héritage Jacobs, publié conjointement au nouvel album (voir ci-contre). «Je n’étais au courant ni de l’anniversaire ni de la querelle au sujet de l’identité de Shakespeare et de la paternité de son œuvre. Une soixantaine d’identités potentielles sont en concurrence! Un vrai sujet pour un scénariste.»

Théorie aventureuse

Comme il l’avait fait avec Lawrence d’Arabie dans Le serment des cinq Lords, publié en 2012, Sente développe un récit inattaquable autour de Shakespeare. Ou plutôt de William Shake-Speares, le tiret et le S final n’étant bien sûr pas anodins. «Le challenge consistait à présenter une théorie qui tienne la route historiquement, mais qui soit en même temps assez aventureuse pour un récit de bande dessinée.» Tellement aventureuse que le scénariste propose une fin ambiguë, au cours de laquelle il suggère une possible paternité pour ce brave Mortimer! Shoking? Pas tant que ça. Sente avait initialement écrit une conclusion plus explicite, que son éditeur a refusée.

Juillard a d’autres envies

Graphiquement, André Juillard (68 ans) se fait plaisir en retrouvant les ambiances d’une perfide Albion qu’il adore. Parce qu’il devait parfois forcer son style pour le faire correspondre aux canons en vigueur sur Blake et Mortimer, Sente lui a imaginé un flash-back, afin de lui permettre de s’exprimer dans son domaine de prédilection, le dessin historique, qu’il a tant fait briller dans la série Les 7 vies de l’épervier.

Reste qu’après sept albums de Blake et Mortimer, le dessinateur parisien aspire à lever un peu le pied. «Le temps passe. J’ai d’autres envies, des projets plus personnels», confie-t-il, légèrement frustré par la réalisation du Testament de William S., un album «pas facile à dessiner», de son propre aveu. Renoncera? Renoncera pas? Pour battre le fer tant qu’il est chaud, Yves Sente a soumis à son dessinateur un nouveau projet. Juillard a trouvé l’idée «excitante». Wait and see

En attendant, le scénariste s’est lancé dans l’écriture d’un nouveau diptyque. Blake et Mortimer vont se rendre en Extrême-Orient. Une histoire dessinée par de nouveaux repreneurs, le duo néerlandais Peter Van Dongen - Teun Berserik. Les premières images évoquent irrésistiblement le style du Mystère de la grande pyramide, un des musts de Jacobs. Prometteur…

«Blake et Mortimer: Le testament de William S.», par Sente et Juillard, d’après Jacobs. Ed. Blake et Mortimer, 64 p.

(24 heures)

Créé: 25.11.2016, 15h48

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Shakespeare hôte de Blake et Mortimer

Shakespeare hôte de Blake et Mortimer Le célèbre duo mène l'enquête sur le plus British des dramaturges dans «Le testament de William S.»

Un legs complexe

Pas facile de recevoir en héritage une bande dessinée telle que Blake et Mortimer. Aux neuf scénaristes et dessinateurs qui ont prolongé son œuvre, Edgar P. Jacobs a légué un univers riche, mais complexe. Les différents albums réalisés depuis L’affaire Francis Blake, premier opus post-Jacobs en 1996, sont le fruit d’années de questionnements, voire de déchirements. Déjà auteurs il y a vingt ans d’un passionnant Blake et Mortimer histoire d’un retour, Jean-Luc Cambier et Eric Verhoest détaillent dans L’héritage Jacobs les dessous d’une succession où le perfectionnisme fait bon ménage avec de gros enjeux financiers. De Jean Van Hamme au regretté Ted Benoit en passant par Jean Dufaux, les repreneurs s’expliquent. Propos pertinents, agrémentés d’illustrations souvent inédites. C’est un régal. PH.M.


«L’héritage Jacobs» Ed. Blake et Mortimer, 224 p.

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