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AnniversaireSabine Weiss fête ses 70 ans de photographie

La franco-suisse originaire de Saint-Gingolph en Valais célèbre aussi ses 90 ans. Photographe des gens simples, elle a été classée dans le courant humaniste.

«Je ne sais pas combien j'ai fait de photos, de toute façon, ça ne veut pas dire grand chose», explique la Valaisanne naturalisée française.
«Je ne sais pas combien j'ai fait de photos, de toute façon, ça ne veut pas dire grand chose», explique la Valaisanne naturalisée française.
AFP

Le Salon de la photo de Paris rend hommage à Sabine Weiss qui a fêté cette année ses 90 ans. A cette occasion, la photographe franco-suisse, qui se définit comme «un artisan», évoque sept décennies d'une carrière multiple entre reportages au long cours, photos de mode et chroniques du quotidien.

114 de ses meilleures photos

Le Salon de la photo, qui se tient jusqu'au 17 novembre, présente une rétrospective de son travail, 114 photos choisies par Sabine Weiss elle-même parmi les milliers de clichés pris au cours de sa carrière.

«Je ne sais pas combien j'ai fait de photos, de toute façon, ça ne veut pas dire grand chose», explique la Valaisanne naturalisée française dans un entretien à l'AFP. «Parfois sur 20 films, il n'y pas une photo qui soit bonne et d'autres fois, sur un seul film, il y en a plusieurs d'excellentes», dit-elle, dans son petit appartement au fond d'une cour d'un quartier chic de la capitale.

De Saint-Gingolph à Paris

Née à Saint-Gingolph (VS) en juillet 1924, elle commence à photographier à l«âge de huit ans. Elle fait l'apprentissage du métier à Genève auprès de la maison Boissonnas au début des années 1940, avant de partir pour Paris après la guerre.

Elle débute dans la Ville lumière comme assistante d'un grand photographe de mode, Willy Maywald. Sur proposition de Robert Doisneau, elle intègre ensuite l'agence Rapho et travaille pour les plus grands magazines américains, comme Time, Life, Esquire, Fortune, Newsweek, etc.

Un parcours éclectique, en couleur comme en noir et blanc, que Sabine Weiss revendique. «Moi j'étais photographe», répond-elle fièrement quand on évoque la spécialisation dans la photo actuelle. «Je faisais un reportage dans un pays, je photographiais quelqu'un de connu, je faisais une couverture de disque....».

Sabine Weiss avait aussi son jardin personnel: des scènes de la vie quotidienne, souvent nocturnes, quand elle arpente Paris avec son mari, le peintre américain Hugh Weiss, devenues pour certaines des icônes. Les enfants y sont souvent très présents. Elle souligne d'ailleurs que «c'est amusant de jouer avec les enfants de la rue».

Vie des gens simples

Son intérêt pour la vie simple des gens lui vaut d'être classée dans «l'école humaniste» aux côtés de Robert Doisneau, Edouard Boubat, Willie Ronis ou Izis.

Une proximité sur laquelle elle reste discrète. «Je photographiais ce qui me touchait personnellement», se contente-t-elle d'expliquer, avant d'ajouter: «Je ne pense pas qu'il faut dire que je suis une artiste, je suis un artisan».

«Bien sûr, il y a un fondement artistique, il faut avoir un oeil, mais la photo est un travail très manuel». Et d'évoquer le casse-tête pour calculer les temps de pose. «C'était beaucoup plus difficile que maintenant, les films étaient très lents».

«Le numérique, c'est formidable»

«Le numérique, c'est formidable, ça fait la netteté, le temps de pose, les objectifs sont merveilleux», ajoute Sabine Weiss sans nostalgie.

Et les photographes actuels ? «Ne me posez pas cette question, je ne les regarde pas», répond-elle en souriant. «Souvent, ils font un truc et ensuite ils le reproduisent».

Sabine Weiss est tout aussi discrète à propos de ceux qui l'ont influencée avant d'évoquer deux images «dont elle a mémoire»: une photo de l'Allemand Herbert List - «une cage de football vide» - et une autre des années 1900 intitulée «De retour du bal», montrant «des gens en costume devant une diligence coupée en deux».

Hommage

Outre l'exposition, le Salon de la photo a demandé à neuf photographes de réaliser un cliché inspiré par une image de Sabine Weiss. Philippe Guionie a ainsi photographié la fille d'une petite Egytienne au sourire éclatant que la photographe avait saisie à Louxor en 1983 et devenue l'une de ses photos les plus connues. Le Salon présente aussi un film inédit de Stéphanie Grosjean consacré à une vie dédiée à la photographie.

ats

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