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«Avengers: Infinity War» fourbit son apocalypse superhéroïque depuis dix ans

Marvel a sorti dix-huit films depuis «Iron Man» pour battre le rappel de ses superhéros. Et ils ne sont même pas fatigués.

Septième film, phase III. Depuis dix ans, l’empire Marvel aiguise une stratégie aussi pointue que celle de la NASA pour poser un homme sur la Lune. Pour aboutir à la conjonction des planètes dans «Avengers: Infinity War», il aura fallu dix-huit films. Les budgets vont crescendo, le premier volet "Avengers» a coûté 220 millions, le deuxième 250, «Infinity War» passe le record, 300 millions de dollars. Mais jusqu’ici, le box-office a enregistré des scores solides qui triplent en général la mise, voire mieux. Voir le récent phénomène «Black Panther».

Comme le Petit Poucet, Marvel sème ses six Pierres d’Infinité depuis 2011 et «Captain America», la dernière, la Pierre de l’Âme, se voit enfin dévoilée. Il suffira au colossal méchant, Thanos (Josh Brolin), découvert dans le post-générique du premier «Avengers», de les enchâsser sur son gant magique pour éradiquer l’univers de la moitié de ses habitants. Un peu cabossés, ses super opposants s’affichent déjà en ordre de bataille. Thor (Chris Hemsworth) a perdu un œil et un marteau. Pratiquant volontiers la métaphore égrillarde, Hulk n’arrive plus à bander ses muscles et conclure. Rien d’irréparable dans cette revue des effectifs. Le milliardaire Stark (Robert Downey Jr) compense ses premières mèches grises par toujours plus d’astuces technologiques dans la combinaison d’Iron Man. La Veuve Noire (Scarlett Johansson) se passe de Botox, Spider-Man (Tom Holland) rafraîchit les troupes. Malgré bobos d’ego et luttes intestines, les Avengers font front.

La fastidieuse mise en place laisse craindre plus de deux heures de castagne émaillée de gags «pop culturels» dispensés avec une ponctualité bienvenue par les Gardiens de la Galaxie, son crétin d’humain, son arbre et son raton laveur. Mieux vaut sourire car le calendrier Marvel ne ménage aucun suspense affichant déjà «Ant-Man et la Guêpe», «Captain Marvel» et «Avengers 4». Cette affaire de superhéros peut durer à l’infini. C’était titré.

Pourtant, gonflée au maximum, la baudruche de la saga n’ennuie pas, tant la masse des troupes dépêchées, le peu d’identification des uns, la nouvelle taille des barbichettes des autres, requièrent une attention maximale. Les réalisateurs Joe et Anthony l’avaient promis, soixante-huit «soldats» Marvel ferraillent. L’action se décentralise sur plusieurs planètes, la Terre, Asgard, Wakanda. Même peu exploitée, la spécificité des Pierres, de l’Espace, du Temps etc. balise un jeu de pistes propre à satisfaire tous les publics. Des dilemmes psychologiques s’organisent, souvent surfaits, du moins simplistes et perdus dans le déluge apocalyptique. Ainsi la brute épaisse cache un cœur tendre de père frustré. L’ensorcelante Witch (Elizabeth Olsen) doit affronter Éros et Thanatos en Vision (Paul Bettany). Thanos avance encore des arguments présentés dans plusieurs best-sellers récents, de Dan Brown à Deon Meyer, à savoir qu’un génocide s’impose comme solution à la surpopulation. A priori troublante, la conclusion bucolique de cette «Infinity War» pourrait provoquer. Avant de suggérer son simple effet d’annonce.

Superhéros (USA, 147’, 12/14). Cote: V V

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