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Balade sur le fil des croyances

L’exposition «Dieu(x) modes d’emploi» déploie à Palexpo notre rapport ancestral au divin. Il était une fois… la foi.

Isabelle Graesslé, cheville ouvrière de l’exposition, près du moulin à prières tibétain et du «dieu» Elvis.
Isabelle Graesslé, cheville ouvrière de l’exposition, près du moulin à prières tibétain et du «dieu» Elvis.
LUCIEN FORTUNATI

Qu’on se le dise, l’entrée est gratuite. «Dieu(x) modes d’emploi» s’offre aux Genevois et aux Suisses dans le plein sens du terme, jusqu’au 19 janvier. Plus qu’une exposition conventionnelle, c’est une expérience. Ceux qui la tenteront n’auront pas perdu leur temps. Une approche sereine et intelligente du vécu religieux, aujourd’hui, aux quatre coins du monde. De vastes espaces lui sont consacrés dans la halle 7 de Palexpo. L’atmosphère y est classieuse et feutrée, comme si les joyaux de la Couronne d’Angleterre s’y trouvaient. Pourtant, ce n’est que l’humanité toute simple qu’on y met en valeur, à travers son rapport ancestral au divin.

«L’idée de cette exposition itinérante lancée à Bruxelles en 2006 est de donner un aperçu des pratiques religieuses actuelles à travers une vision ni historique ni théologique, mais anthropologique», souligne le professeur d’origine roumaine Elie Barnavi, moteur du projet en Belgique. «Ainsi le visiteur peut-il observer les rites et traditions des autres, et parfois leur trouver des parentés avec ceux de sa propre culture. Cette connaissance d’autrui contribue à entretenir la tolérance et la laïcité.»

«C’est précisément l’élaboration puis l’adoption de la loi cantonale sur la laïcité qui ont déclenché la venue de «Dieu(x) modes d’emploi» à Genève, enchaîne Isabelle Graesslé. Il a paru cohérent au Conseil d’État de la précédente législature d’encourager la venue de cette exposition si instructive, reçue précédemment avec succès tant à Paris qu’à Madrid, au Canada ou en Pologne.»

Ancrage suisse

Si le parcours et les thèmes restent les mêmes, l’ancrage genevois et helvétique est assuré par des objets et des documents prêtés par de nombreux musées suisses et par la présence de compatriotes dans les vidéos. On voit et entend par exemple Jérôme Ducor parler de la conception de l’au-delà d’un bouddhiste et la pasteure Marie Cénec de celle d’une protestante. Ailleurs, Jean-François Duchosal raconte son expérience de pèlerin. Du Mamco proviennent une allégorie du culte de la consommation par Syvie Fleury et la chambre jaune «Luce luce luce» de Claudio Parmiggiani. Un avant-goût de la lumière divine…

Ces sortes de surprises ne manquent pas au cours de la déambulation, car la dizaine de thèmes retenus – «Divinités», «Cultes», «Lieux», «Corps», parmi d’autres – fournit son lot d’images et de trouvailles variées. Au culte de la personnalité se rattachent les «dieux» Elvis Presley et Lénine. Les lieux de la religion sont le prétexte à une exposition de maquettes d’architectes, le corps à un défilé de mode incluant Castelbajac et au jeu interactif «Comment réussir le menu d’un repas de quartier entre convives de religions différentes?» La table est mise!

Ravages

Pour sortir du caractère encyclopédique, dans le bon sens du terme, de l’ensemble, une réflexion sur les ravages commis par les hommes au nom de leurs religions a paru nécessaire au concepteur Elie Barnavi. Elle a lieu sous forme théâtrale, sur place et en direct, quatre fois par jour. Le texte est de Philippe Blasband, dans une mise en scène de Michel Kacenelenbogen. Impressionnant.

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