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Barry a ancré les saint-bernards dans la légende

Les chiens ont un nouveau chenil à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard. Une exposition temporaire raconte leurs liens historiques avec les chanoines et leurs divers rôles, de sauveteur à compagnon social

Une carte postale présentée dans l'expo, montrant un chanoine et un chien à la recherche d'une victime.
Une carte postale présentée dans l'expo, montrant un chanoine et un chien à la recherche d'une victime.
FONDATION BARRY
Une autre image de sauvetage en montagne.
Une autre image de sauvetage en montagne.
FONDATION BARRY
Epuisant d'être l'une des stars du jour!
Epuisant d'être l'une des stars du jour!
FONDATION BARRY
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Têtu est le premier adjectif qui vient à l’esprit de Claudio Rossetti, directeur de la Fondation Barry, pour qualifier le chien saint-bernard. Sans oublier dormeur, aussi. A ses pieds, Tara, 9 mois, cherche l’attention de son maître en tirant sur sa laisse. L’été, une quinzaine de ces toutous quittent leur demeure de Martigny pour rejoindre leur résidence estivale au chenil de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard, perché à 2473 mètres d’altitude (lire ci-contre). «Ils y apprécient la météo plus fraîche qu’en plaine.» Des dizaines de milliers de visiteurs des quatre coins du monde viennent tout l’été observer cette race reconnue chien national suisse depuis 1887. C’est ici, à l’hospice, lieu d’accueil à cheval entre la Suisse et l’Italie, qu’est née la légende de ces gros chiens (un mâle adulte pèse facilement 75 kilos et mange 900 gr de croquettes par jour).

«Les chanoines de l’époque auraient trouvé des chiens abandonnés et les auraient pris en charge afin qu’ils ne deviennent pas sauvages»

Les premières mentions de leur présence dans la région remontent au début du XVIIIe siècle, explique la nouvelle exposition temporaire «Barry & Cie», située à côté du chenil, qui retrace à l’aide de photographies d’archives et d’estampes les différentes étapes de cette longue histoire. «Il est dit que les chanoines de l’époque auraient trouvé des chiens abandonnés et les auraient pris en charge afin qu’ils ne deviennent pas sauvages, raconte le chanoine Raphaël Duchoud, membre de la congrégation de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard. Ils avaient remarqué qu’ils avaient un flair développé et que leur va-et-vient dans la neige avec leurs grosses pattes palmées permettait de tracer facilement des chemins.» Les religieux employaient alors des guides laïques appelés des marronniers. Les chiens avaient été dressés pour les accompagner dans leur mission de secours des voyageurs perdus. «Les bêtes pouvaient sentir le danger d’avalanche. Dans ce cas, ils refusaient d’avancer», poursuit-il. En 1856, la meute montrant des signes de consanguinité, les chanoines décident de croiser un des mâles avec un autre chien. La race à poil ras que l’on connaît aujourd’hui n’est officiellement reconnue qu’à la fin du XIXe siècle.

Le tonnelet: une légende

Celui qui ancra les saint-bernards dans la mémoire collective s’appelle Barry. «Né en 1800 et mort de vieillesse 14 ans plus tard, il avait contribué à sauver la vie de 42 personnes». L’animal empaillé est toujours exposé au Musée d’histoire naturelle de Berne. Quant au fameux tonnelet soi-disant rempli d’eau-de-vie, régulièrement représenté autour du cou, il n’a, en réalité, jamais existé. «Vous imaginez comme les émanations d’alcool auraient gêné le chien? On raconte que cette légende est née lors de la rénovation du musée où est empaillé Barry. Les ouvriers italiens ayant laissé traîner un de leurs tonneaux vide, le concierge se serait amusé à l’attacher au cou de l’animal. Et depuis, il serait resté.»

Aujourd’hui, la question que l’on pose le plus souvent à Claudio Rossetti est si les chiens jouent encore un rôle de sauvetage. «Officiellement plus. Nous n’en avons qu’un seul mais il ne part pas en mission en hélicoptère car il est trop lourd.» L’élevage est passé des mains des religieux à celles de la Fondation Barry en 2005. Sur la cinquantaine de bêtes, 80% sont vendus à des particuliers tandis que les autres sont formés à de nouvelles tâches, principalement sociales, thérapeutiques et touristiques. «Nos chiens visitent des maisons de retraite et passent du temps avec des enfants autistes, détaille le directeur de la Fondation Barry. L’animal n’est pas là pour guérir quoi que soit, mais sa présence apporte de la joie et du réconfort aux personnes âgées. Il crée un lien avec les plus jeunes et arrive à se faire respecter. Le saint-bernard est naturellement social.»

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