«C’était le plus grand batteur swingueur de Suisse»

DécèsLe musicien et producteur Peter Schmidlin est mort. Il avait fondé le label TCB et le Festival d’Ollon. Son ami Thierry Lang se souvient

Peter Schmidlin, roi des fûts et de la galette.

Peter Schmidlin, roi des fûts et de la galette. Image: GÉRALD BOSSHARD

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Une figure du jazz suisse vient de quitter les affaires de la note bleue. Décédé lundi à l’âge de 68 ans, Peter Schmidlin habitait Chamby au-dessus de Montreux depuis des décennies mais avait commencé par battre le tempo à Bâle, sa ville d’origine.

Né plus précisément à Riehen, il aborde l’instrument en autodidacte à 14 ans. Deux ans plus tard, il est déjà sacré meilleur batteurau Festival de jazz de Zurich. Dès le milieu des années 1960, il jouera avec les meilleurs jazzmen américains de passage en Europe qui s’arrachent sa frappe si leste.

Dexter Gordon, Johnny Griffin, Art Farmer, Lee Konitz et Dee Dee Bridgewater font partie de ceux qui ont fait appel à son art précoce du rythme. «Et pas seulement pour de petites rencontres, il en a suivi certains pour des tournées mondiales», se rappelle le pianiste Thierry Lang, complice bouleversé par sa disparition.

«Toujours humble»

«C’était le plus grand batteur swingueur de Suisse, connu de toute la scène européenne pour son engagement sans compromis pour le jazz. Alors qu’il en avait tant sous le pied, il restait toujours humble et au service de la musique, mais il fallait que ça swingue.» Le clavier d’Ollon avait collaboré avec son ami sur quatre albums enregistrés pour Blue Note, dont les trois premiers titres de sa série Reflections.

Peter Schmidlin avait aussi une autre passion: le commerce. «Sa famille était dans le gros business. Jeune homme, il parcourait le monde pour vendre des terrains de golf et de tennis, raconte Thierry Lang. Il avait ça dans le sang.» Il finira d’ailleurs par allier ses deux passions en créant, à la fin des années 1980, le label discographique de jazz TCB – «Take Care of Business» – pour promouvoir activement la musique produite ou enregistrée en Suisse, exhumant notamment des concerts mythiques des archives de la radio suisse avec, à son catalogue, des artistes de la trempe de Ben Webster, Lionel Hampton, Miles Davis ou Stan Getz (très bel enregistrement à Zurich en 1960!).

Le Prix SUISA

En 1998, Peter Schmidlin avait reçu le Prix SUISA et il avait fondé en 2001, avec Thierry Lang et l’homme de radio Yvan Ischer, le Festival Ollon du Jazz, manifestation gourmande qui avait accueilli des artistes de premier plan (Toots Thielemans, Benny Golson, Richard Galliano). Un patron qui laisse le jazz suisse orphelin.

Créé: 26.05.2015, 21h51

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