Caroline Vigneaux plaide coupable d'avoir choisi le rire

La rencontreL’ancienne brillante avocate a tombé la robe au grand dam de ses parents. Elle en a fait un spectacle.

La jolie blonde n'arrive pas à rester sérieuse bien longtemps...

La jolie blonde n'arrive pas à rester sérieuse bien longtemps... Image: Vanessa Cardoso

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Sur la terrasse ensoleillée du Beau Rivage Café, une cascade de cheveux blonds dépasse d’un improbable pull en pilou kaki. Au-dessus du col roulé, des lunettes fumées très mode, au-dessous un slim noir et des baskets compensées à Velcro.

«Oh bon ça va, je sais que mon pull est moche, mais c’est mon doudou, se défend la comique Caroline Vigneaux après avoir insisté sur le tutoiement et fait semblant d’hésiter avant de nous coller une troisième bise «à la Suisse». Je me suis levée à 5 heures du mat’ pour cette journée promo, alors j’ai une excuse. D’ailleurs, je me suis maquillée vite fait dans les toilettes de l’aéroport!»

Bonne vivante gourmande

Débit vocal impressionnant, propos toujours ponctués d’une blague, d’une grimace ou d’un accent, la très jolie Française ne peut pas s’empêcher d’être drôle. Bonne vivante, elle avale son tiramisù sans rechigner (et en souriant les dents couvertes de cacao) avant de mordre avec gourmandise dans une madeleine, non sans avoir proposé à la serveuse de partager ses desserts.

Après le café, elle passe en mode travail. Comme dans son spectacle, Caroline Vigneaux quitte la robe, elle tombe les vêtements couvrants et passe à un top bleu électrique au décolleté plongeant et chausse des Louboutin jaune citron qui laissent entrevoir des orteils joliment laqués. Perfectionniste, elle soigne son look. Ses tenues de scène sont sexy, comme pour compenser ses mimiques qui font pourtant d’elle un très joli clown. «Ouais, bon, la comédie, ça le fait pas du tout avec les mecs. Eux, ils veulent que tu minaudes, pas que tu monopolises la parole. Avocate, au moins, c’était plus glamour…»

Une année au Cours Florent

Fille de parents catholiques, Caroline Vigneaux a tout d’abord été brillante au barreau. Et puis, du jour au lendemain, elle change de vie et annonce à son cabinet qu’elle va devenir comique. Soupçonnant qu’elle le quitte pour une autre étude, son patron va même lui proposer une augmentation! Mais non, son choix est fait, elle s’inscrit au Cours Florent et veut absolument faire ce qu’elle appelle du «sketch up; un mélange de sketches et de stand-up».

Ses parents, bouche bée, refusent dans un premier temps d’aller la voir sur scène. «Ils ont fini par assister à mon premier spectacle, Il était une fée et ont été choqués. Bon, c’est vrai qu’il n’était pas terrible.»

C’était l’histoire d’une fée qui rentrait dans le corps d’une avocate et lui faisait faire n’importe quoi. «Une manière d’éviter de parler de moi, je pense. C’est vrai que les gens qui font tout le temps des blagues utilisent souvent leur humour comme une carapace, une armure. C’est souvent un signe de manque de confiance en soi. Mais là, avec le deuxième spectacle, je ne me contente pas de quitter la robe d’avocate, je me mets à nu et c’est très difficile. Vraiment. En fait, c’est un peu comme aller chez le psy tous les soirs, sauf que c’est le public qui paie!»

Improvisation funambulesque

Un spectacle en mutation permanente, puisque chaque soir, cette équilibriste de la blague à la mémoire d’éléphant aime quitter son texte – qu’elle embrasse pourtant à chaque fois avant de monter sur scène – pour un petit tour d’improvisation funambulesque. «J’adore ça! Et comme je m’enregistre en audio à chaque fois, cela me permet d’intégrer mes meilleures impros au spectacle. Je pense qu’il ne doit rester aujourd’hui que 5% de la version originale.»

Ceux qui connaissent ses blagues par cœur grâce à YouTube vont donc être déçus. «Oh, cela fait longtemps que je n’ai plus rien posté là-dessus. Par contre j’ai des comptes Facebook et Twitter.» Au même moment, sa… montre sonne. «J’ai refusé l’appel», dit-elle en faisant de grands gestes frimeurs avec son Apple Watch. Geekette, Caroline Vigneaux? «Pas vraiment, mon texte est écrit sur 30 pages avec plein de griffonnages au stylo. Les médias sociaux, c’est parce que j’aime échanger avec les gens. Les compliments sont toujours bons à prendre, non? En tout cas plus que les insultes de l’extrême droite.»

La joyeuse ambiance des festivals

Elle avoue que son métier est souvent solitaire. «C’est pour cela que des Festivals comme Maxi-Rires sont agréables. On se retrouve entre comiques, les soirées sont souvent arrosées et finissent tard. Il n’y a pas de surenchère de la meilleure blague à table…»

Concernant sa vie privée, elle sera pour la première fois muette «comme Jean-Jacques Goldman ou Mylène Farmer». Mais elle lâchera quand même que ses parents ont promis d’enfin venir la voir, quand elle réalisera son rêve de se produire à l’Olympia l’an prochain. (24 heures)

Créé: 16.05.2015, 21h02

Biographie

1975 Naissance le 5 mai à Nantes. Papa est ingénieur, maman orthodontiste.
2001 Après en avoir rêvé petite fille, elle devient avocate. En 2001, elle intègre la troupe de l’Union des Jeunes Avocats, avec laquelle elle jouera notamment à La Cigale.
2006 Fait partie des avocats qui interviennent à la fin des débats dans L’Arène de France, sur France 2.
2008 Raccroche la robe après seulement huit ans de pratique (et le prestigieux Prix de l’Eloquence et suit pendant un an le Cours Florent.
2009 Premier one-woman-show, Il était une fée.
2010 Naissance de Caroline Vigneaux quitte la robe qu’elle jouera pendant toute l’année 2012 au Petit Palais des Glaces à Paris. Stéphane Bern l’engage comme chroniqueuse dans son émission A la bonne heure sur RTL.
2015 Après avoir fait salle comble pendant six mois au Palais des Glaces, elle part en tournée et sera au Festival Maxi-Rires de Champéry le 6 juin à 19 h. Renseignements et réservations www.maxi-rires.ch

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