Entre la carte et le territoire, le festival d’images Alt.+1000 perd au change

PhotographieLa manifestation de Rossinière manque de tenue, malgré quelques propositions fortes, dont une à Gruyères.

Les bâtiments factices utilisés sur leurs terrains d'entraînement par les forces spéciales britanniques photographiés par Edgar Martins, à voir à Gruyères.

Les bâtiments factices utilisés sur leurs terrains d'entraînement par les forces spéciales britanniques photographiés par Edgar Martins, à voir à Gruyères. Image: EDGAR MARTINS

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La quatrième édition d’Alt.+1000, rendez-vous biennal de la photographie à Rossinière, a choisi la thématique du «territoire». Celui de la manifestation est cette année éclaté puisqu’une exposition «hors les murs» est allée se nicher dans le château de Gruyères. Et pas la moindre, puisque les images d’Edgar Martins forment cette année l’ensemble le plus imposant de la programmation, accessible par un billet indépendant du reste du festival.

Le photographe portugais fait plus que documenter des situations immobilières improbables comme les maisons américaines abandonnées suite à la crise des subprimes ou les bâtiments factices des terrains d’entraînement des forces spéciales britanniques. Ses grands formats d’une précision aiguë sont pourtant minés par des visées irréelles. Une belle expérience à faire dans deux salles du rez-de-chaussée et qui se poursuit ponctuellement dans les salles du château.

Par comparaison, les granges de Rossinière accueillent des propositions plus ténues, qui laissent un peu sur sa faim, et disparates. Parmi les œuvres qui valent le détour, l’intervention de Georges Rousse – une anamorphose qui se recompose en deux cercles, blanc et noir, à l’intersection grisée – défie l’œil et les couleurs de sa grange. Catherine Gfeller intrigue avec ses projections d’images de Johannesburg où l’on finit par se rendre compte que seuls des Noirs passent devant son objectif. Les personnalités «agrafées» par Mark Duffy ne manquent pas d’un humour un peu douloureux, quant aux trois grands tirages sur les traces d’Hugo de Klavdij Sluban, sur la route du Lac, ils sont beaux mais esseulés.

Les choses se gâtent ensuite avec la proposition très formelle de Clément Lambelet et sa succession de paysages superposés, voire carrément absurde avec Yvan Alvarez et ses photos prises quand son sonomètre indiquait plus de 70 décibels. Le Collectif Calamita encombre la salle d’attente de la gare et les écoles invitées du Mexique sont affreusement mal servies au stand de tir. Entre le menu sur papier et sa concrétisation sur le territoire de Rossinière, quelques désillusions attendent le visiteur.

Créé: 28.07.2015, 19h40

Le Festival

Rossinière et Château de Gruyères
Jusqu’au lundi 21 septembre
(Edgar Martins jusqu’au di 1er nov.)
www.plus1000.ch

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