Passer au contenu principal

Castro au temps des utopies

Alors que le leader fête 90 ans samedi, sa rencontre extraordinaire avec Lee Lockwood inspire un livre Must.

Avec ironie, Lee Lockwood, décédé en 2010, notait qu'à chaque réédition de Cuba de Castro (Castro's Cuba, Cuba's Fidel), il lui fallait remanier sa préface.
Avec ironie, Lee Lockwood, décédé en 2010, notait qu'à chaque réédition de Cuba de Castro (Castro's Cuba, Cuba's Fidel), il lui fallait remanier sa préface.
DR
Dans l'esprit du reporter, ce travail, «ni une analyse psychologique de Fidel Castro, ni une étude sociologique de la révolution cubaine», devait servir de contrepoids.
Dans l'esprit du reporter, ce travail, «ni une analyse psychologique de Fidel Castro, ni une étude sociologique de la révolution cubaine», devait servir de contrepoids.
DR
Celia Sanchez, bras droit de Fidel Castro, dans la retraite campagnarde du leader, sur l'île des Pins, en 1965. «Vous pouvez séjourner chez moi mais vous ne serez qu'un invité parmi d'autres, avait prévenu le leader. Quand je vous regarde, je ne dois pas me dire: mince, il attend son entretien.»
Celia Sanchez, bras droit de Fidel Castro, dans la retraite campagnarde du leader, sur l'île des Pins, en 1965. «Vous pouvez séjourner chez moi mais vous ne serez qu'un invité parmi d'autres, avait prévenu le leader. Quand je vous regarde, je ne dois pas me dire: mince, il attend son entretien.»
1 / 8

Avec ironie, Lee Lockwood, décédé en 2010, notait qu’à chaque réédition de Cuba de Castro (Castro’s Cuba, Cuba’s Fidel), il lui fallait remanier sa préface. Lui qui, dès 1967, offrait de cette île stratégique une vision dégagée de propagande n’aura pas vu le dégel annoncé par le président Barack Obama en décembre 2014. Publié en 1967, en plein âge d’or du photojournalisme, cet ouvrage affiche désormais ses extravagances en intégralité. Déjà, la méthode sort de l’ordinaire. Le reporter américain, familier du pays depuis 1958, est invité en mai 1965 par Fidel Castro. «L’entretien promis, qui faillit ne pas avoir lieu, se transforma en une conversation marathon de sept jours.» Dans les archives enfin exhumées, il raconte comment le leader insista pour se relire, travaillant jusqu’à l’aube en pyjama. La transcription finale lui fut livrée à son appartement new-yorkais, 420 pages de textes dactylographiés. Une note précisait: «J’espère que vous serez satisfait.»

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.