1/5 Un demi-siècle de Visions du réel à travers ses responsables

50 ans Visions du réelL’évolution du festival nyonnais a été marquée par les époques mais aussi par le style de ses directeurs. Une histoire de l’oeil.

«La dimension politique a toujours été d’abord liée à des questions de cinéma» affirme Émilie Bujès.

«La dimension politique a toujours été d’abord liée à des questions de cinéma» affirme Émilie Bujès. Image: DR

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Au moment de parcourir les 50 ans du festival de cinéma de Nyon, connu depuis 1995 sous le nom de Visions du Réel, il serait tentant de n’envisager que les moments de ruptures, les contrastes entre les époques, les différences de style de celles et ceux qui se sont battus – et se battent toujours – sous la bannière du «cinéma du réel». Ces lignes de démarcation, ces évolutions parfois excessivement rapides, apparaissent assez nettement dans les rencontres et les portraits que nous brossons de ceux qui ont présidé à la destinée du rendez-vous cinématographique depuis ses débuts, une naissance plus ou moins arbitrairement fixée à l’année 1969, date à laquelle la manifestation a commencé à se professionnaliser.

Mais la trajectoire du festival peut aussi se lire sur une dynamique, si ce n’est unique, du moins cohérente, persévérante: celle du combat pour la représentation du monde. Dans les années 1970, cette lutte a souvent pris une tournure directement militante, internationaliste, anti-impérialiste. Montrer des réalités alternatives, tues par les canaux officiels, revêtait les atours de la résistance face aux voix uniques qui entendaient faire l’histoire avec le succès que l’on sait.

Les considérations purement cinématographiques n’étaient pourtant pas étrangères à cette posture et réaliser des films dans l’adversité induit l’invention de nouvelles formes, plus légères, moins coûteuses, pour faire valoir un regard dissonant, qui s’éloigne des perspectives dominantes.

«La dimension politique a toujours été d’abord liée à des questions de cinéma», revendique Émilie Bujès, cinquième directrice de l’histoire de Visions du Réel qui s’apprête à en écrire un nouveau chapitre dès vendredi 5 avril prochain. «La question de comment représenter le réel a toujours été l’un des premiers enjeux, même si les cinéastes sont aussi habités par l’urgence de dire, d’intervenir dans les débats de leur temps.»

À l’heure où les canaux de diffusion deviennent toujours plus massifs par la grâce d’Internet, trouver des solutions pour échapper au formatage et aux formules rodées, ronronnantes, prend aussi une autre importance. Il ne s’agit plus toujours de se préoccuper de telle thématique ou de se pencher sur telle autre actualité. «The medium is the message», pointait Marshall McLuhan. Savoir changer de medium, garder une souplesse dans les formes cinématographiques – sans en exclure aucune – permet d’articuler différentes perspectives selon une gymnastique du regard qui permet d’en conserver l’acuité. Dans une société encore trop frileuse dans l’éducation visuelle et médiatique, la diversité du cinéma défendu par le festival nyonnais se présente, encore et toujours, comme un bon exercice pour affronter non seulement la complexité du réel mais aussi ses manipulations.

Créé: 31.03.2019, 08h57

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Le Festival

Préouverture
Il faut chaque année jouer des coudes pour assister à la projection offerte par la Ville de Nyon et Visions du Réel en préouverture du festival.

Pour ce 50e, le public découvrira «When Tomatoes met Wagner», un film de Marianna Economou, Grèce.

Jeudi 4 avril à 19h30 au Théâtre de Marens et à 20h à la salle communale.

GRANDE SALLE (GS)
350 places | Village du Réel
Rue des Marchandises

THÉÂTRE DE MARENS (TM)
462 places | Route du Stand 5

CAPITOLE LEONE (CL) 219 places

CAPITOLE FELLINI (CF) 80 places
Rue Neuve 5

COLOMBIÈRE (CO)
160 places | Rue de la Colombière 18

CINÉMOBILE (CM)
80 places | Village du Réel
Rue des Marchandises

THÉÂTRE DE GRAND-CHAMP (TG)
372 places | Ch. de la Serine 2, 1196 Gland

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