3 trucs à savoir sur… «La belle époque», bis

CinémaPar la magie d’un scénario virtuose, Nicolas Bedos en auteur inspiré remonte le temps. Et bisse ses amours.

Les chasseurs de zombies de «Retour à Zombieland».

Les chasseurs de zombies de «Retour à Zombieland». Image: Columbia Pictures

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1. Film aussi lumineux que sophistiqué
Cadeau de son fils, Victor (Daniel Auteuil) reçoit un bon pour revivre le jour de 1974 où il tomba fou amoureux de sa femme (Fanny Ardant). Un metteur en scène (Guillaume Canet), des comédiens, des décors garantissent une illusion parfaite. Et comme justement, son couple usé bat de l’aile. L’expérience, même artisanale, enchante le quinquagénaire, il décide de la poursuivre, quitte à se ruiner, s’éprend même de l’actrice (Doria Tillier) qui joue sa belle. De là, fantasmes et réalité s’imbriquent dans un jeu de miroirs troublant.


2. Histoire du type «inclassable»
Réalisateur malin, Nicolas Bedos manipule par entente tacite. Victor sachant factice la reconstitution de ses souvenirs, la magie joue ailleurs que dans le mimétisme pur et se passe de gros effets spéciaux. Même si le voyage temporel provoque des quiproquos touchants ou des gags fumeux comiques, la force ici réside dans un équilibre précaire entre des velléités de comédie boulevardière, drame existentiel et tragédie antique. Beaucoup de la séduction de cet essai cinématographique se cristallise par un miracle indéfinissable qui aboutit à une histoire cohérente malgré tous ses paradoxes.


3. Romanesque en diable (au corps)
Sur une partition aussi «alambiquée», Nicolas Bedos trouve des alliés en état de grâce. Voir Daniel Auteuil aux prises avec les pantalons pattes d’ef de sa jeunesse, Fanny Ardant dévisageant son masque de diva mûrissante ou Doria Tillier pétulante à travers les âges. Bref du beau monde pour cette drôle de «Belle époque».

Créé: 06.11.2019, 14h02

«La belle époque»

Chronique
(Fr., 115’, 12/16)

Cote: ***

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