«L'enfant d'en haut» d'Ursula Meier remporte un Ours d'argent

CinémaAlors que l'Ours d'or a été attribué à «Cesare deve morire» des frères toscans Paolo et Vittorio Taviani, le film de la réalisatrice franco-suisse a reçu samedi une mention spéciale du Jury à la Berlinale.

Ursula Meier (au centre) en compagnie de Léa Seydoux et Kacey Mottet Klein.

Ursula Meier (au centre) en compagnie de Léa Seydoux et Kacey Mottet Klein. Image: Keystone

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C’est le président du jury, Mike Leigh, qui a remis le prix à Ursual Meier en mentionnant entre autres l’»écriture brillante, la poésie et l’intelligence» de ce film qui a «marqué les esprits et profondément ému les membres du jury». Il a salué la performance des deux jeunes acteurs, la Française Léa Seydoux, 26 ans, et le Vaudois Kacey Montet Klein, 12 ans.

«Merci beaucoup, merci à mon équipe et à mon producteur. Ce soir, je pense à mes acteurs, Kacey Montet Klein et Léa Seydoux qui sont des personnes incroyables. ’L’enfant d’en haut’ raconte l’histoire d’un petit garçon qui ne trouve pas sa place dans le monde, ici, à Berlin, il l’a trouvé, merci au jury», a déclaré Ursula Meier. C’est le deuxième long métrage de la cinéaste helvétique.

Fable sociale entre plaine et montagnes

Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon, Simon, et de sa soeur adulte Louise. Tous deux vivent dans un appartement miteux d’une cité industrielle en plaine reliée par télécabine à une luxueuse station de montagne, où les riches touristes profitent du soleil et de la neige.

Simon aime se rendre à la montagne, tandis que sa soeur se fait entretenir par des amants louches. Il se fait passer pour fils de riche mais mène un trafic lucratif en volant des équipements de ski pour les revendre dans la vallée.

Ursula Meier, 40 ans, s’est notamment illustrée avec «Home», largement primé. La réalisatrice, née à Besançon (F), a également été récompensée pour un court-métrage «Des heures sans sommeil» (1998) par le Prix Spécial du Jury au Festival de Clermont-Ferrand et le Grand Prix international du Festival de Toronto.

Produit par la société Vega Film en coproduction avec la RTS (Radio Télévision Suisse), Bande à Part ainsi que le coproducteur français Archipel 35, «L’enfant d’en haut» sortira le 4 avril dans les cinémas romands.

Jules César et Dante

L’inséparable duo italien des frères Taviani, Paolo et Vittorio, 162 ans au total, a lui remporté l’Ours d’or de cette 62e Berlinale pour «César doit mourir», librement adapté du «Jules César» de Shakespeare, interprété par des détenus d’un quartier de haute sécurité à Rome. Ils l’ont emporté devant 17 autres films en compétition depuis le 9 février.

Le jury, présidé par le cinéaste britannique Mike Leigh, était notamment composé d’acteurs - Jake Gyllenhaal, Charlotte Gainsbourg et Barbara Sukowa - et de réalisateurs - l’Iranien Asghar Farhadi, Ours d’or 2011, le Français François Ozon et le Néerlandais Anton Corbijn.

L’idée de «César doit mourir», en partie filmé en noir et blanc, est venue aux deux frères alors qu’ils assistaient à une représentation de «L’Enfer» de Dante, au coeur de la centrale de Rebbibia à Rome. «Dans ce jury, nous connaissons beaucoup de visages de personnes qui ont fait du cinéma, du cinéma que nous avons apprécié», a déclaré Paolo, le cadet (80 ans), en recevant le prix.

Stasi et Roms

Très remarqué par la presse et le public allemands, «Barbara» ou l’histoire d’une femme médecin (Nina Hoss) surveillée neuf ans avant la chute du Mur de Berlin par la Stasi, la police secrète de l’ex- RDA, a été distingué par l’Ours d’Argent du meilleur réalisateur pour Christian Petzold.

Et le Grand Prix du Jury a récompensé un drame hongrois sur le sort fait aux Roms, «Juste le vent», de Bence Fliegauf, au moment où un gouvernement nationaliste autoritaire est aux commandes à Budapest.

Du côté des acteurs, l’Ours d’argent des meilleurs interprètes est allé chez les femmes à une ex-enfant des rues de Kinshasa, la Congolaise Rachel Mwanza pour son incarnation d’un enfant-soldat dans «Rebelle» du Canadien Kim Nguyen. Celui du Meilleur acteur a récompensé le Danois Mikkel Boe Folsgaard, dans «A Royal affair» de son compatriote Nikolaj Arcel. Le film a par ailleurs reçu le prix du meilleur scénario.

(ats/nxp)

Créé: 18.02.2012, 20h09

Making-of de «L'enfant d'en haut»

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