Le public dialoguera avec un condamné à mort mardi au Cinéma Bellevaux

CinémaÀ l'occasion de la projection du film de Anne-Frédérique Widmann, les spectateurs pourrons échanger avec Kenneth Reams, accusé à tort d'un meurtre en Arkansas.

Le film se structure autour de la voix du détenu. DR

Le film se structure autour de la voix du détenu. DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Free Men», c’est l’histoire de Kenneth Reams, projetée dès mardi au Cinéma Bellevaux. Celle d’un homme qui, à dix-huit ans, a été accusé à tort d’un meurtre par un jury composé de onze Blancs et d’un Noir, devenant le plus jeune détenu des couloirs de la mort de l’Arkansas. Isolé dans sa cellule depuis vingt-cinq ans, il est néanmoins parvenu à développer de nombreux projets. Il peint, écrit, a créé une association et organise des événements culturels à l’extérieur des murs qui l’encerclent.

En 2015, la réalisatrice suisse Anne-Frédérique Widmann fait sa connaissance par téléphone, alors qu’elle monte une exposition sur des œuvres de prisonniers. «Je lui ai rendu visite dans sa prison de haute sécurité, explique-t-elle. Il était enfermé dans une minuscule cage, menotté aux pieds et à la taille. En discutant, j’ai compris qu’il détenait une force de vie incroyable.» Au-delà de la thématique de la condamnation, c’est sa forte personnalité qui lui a donné envie de développer ce documentaire. «Le film pose des questions qui nous concernent tous, ajoute la cinéaste. Comment avoir une vie qui vaut la peine d’être vécue? Comment repousser nos limites?»

Concrètement, la réalisatrice a passé plus d’une centaine d’heures au téléphone, pendant quatre ans. «Sa situation est d’une injustice crasse. Il reste cloîtré dans les couloirs de la mort alors qu’il n’a pas lui-même appuyé sur la gâchette. En plus d’avoir été victime de discriminations raciales.» Tourné pendant une année, le film laissera au spectateur le temps de suivre le combat judiciaire et personnel de Kenneth Reams, à travers sa voix, sans jamais le voir directement. Après un passage remarqué au dernier Festival du film et forum international sur les droits humains début 2018, «Free Men» sera de passage au Cinéma Bellevaux dès mardi, avec une première séance exceptionnelle où les spectateurs auront l’occasion de parler au détenu par téléphone à l’issue de la projection. «Depuis le début du projet, c’est une expérience unique pour lui, explique enfin la cinéaste. Imaginez, il vit dans une cellule de six mètres carrés! Interagir avec un public à l’écoute lui fait beaucoup de bien. C’est un échange.» Mais l’appel ne durera pas plus d’une demi-heure. Car une minute avant la fin, le public et Kenneth seront avertis par la prison. «You have one minute left.»

Lausanne, Cinéma Bellevaux Ma 26 fév. (20 h), puis à l’affiche. Rés.: afwid@hotmail.com www.cinemabellevaux.ch

Créé: 23.02.2019, 19h02

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.