Les cinq temps forts de Cannes

CinémaLe 72e Festival de Cannes, qui s'annonçait intense, a tenu ses promesses. La grand-messe se termine ce samedi soir.

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Les larmes d'émotion d'Elton John et d'Alain Delon, la marée verte des Argentines pour le droit à l'avortement, Tarantino et son équipe de superstars, le malaise autour du dernier Kechiche...

L'hystérie Tarantino

Film le plus attendu de la compétition, «Once Upon a Time... in Hollywood», du cinéaste américain Quentin Tarantino avec le duo de superstars Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, a électrisé le festival et les groupies qui scandaient les noms des deux beaux gosses du cinéma américain lors de la montée des marches. Dans la salle, le film sans doute le plus personnel de Tarantino a reçu un accueil enthousiaste. En lice pour une deuxième Palme d'or 25 ans après le sacre de «Pulp Fiction», le cinéaste de 56 ans rend un hommage émouvant au cinéma qui l'a construit enfant, empreint de mélancolie, d'humour noir et de pics de violence savamment dosés.

Elton John fend l'armure

Après une entrée remarquée sur les marches du Palais, l'excentrique Elton John, sans noeud pap', comme le veut le dress code, mais avec «Rocketman» brodé en strass dans le dos, du nom du biopic qui lui est consacré, n'a pu retenir ses larmes à la fin de la projection. Le chanteur de 72 ans, n'était pas le seul à sortir bouleversé du palais des Festivals : l'acteur Taron Egerton qui l'incarne à l'écran a pleuré à plusieurs reprises, même longtemps après le film. La soirée s'est finie sur la plage privée d'un hôtel où Elton John a interprété seul au piano son tube «I'm Still Standing» puis «Rocket Man», accompagné au chant par Taron Egerton.

Alain Delon aussi «chiale»

«Il y a longtemps que je n'ai pas autant chialé», a soufflé l'acteur français de 83 ans, le visage rougi, en recevant sa Palme d'or d'honneur des mains de sa fille Anouchka, sous un tonnerre d'applaudissements. «Ce soir c'est un peu un hommage posthume, mais de mon vivant», a-t-il dit, sombre. L'annonce de cette récompense avait suscité des protestations d'associations féministes qui reprochent à l'icône du cinéma français des décennies 1960 et 1970, d'être «raciste, homophobe et misogyne», selon les termes de l'association américaine Women and Hollywood, s'appuyant sur des propos qu'il a tenus par le passé.

Kechiche crée le scandale

Cannes ne serait pas Cannes sans scandale. Mission remplie cette année, à l'avant-dernier jour, par le réalisateur Abellatif Kechiche avec «Mektoub My Love: Intermezzo»: un film radical et cru de 3h28 pendant lequel il fixe sa caméra sur les corps de jeunes femmes dansant lascivement en boîte de nuit. «Pour toi public, j'ai compté tous les plans qui montrent des culs dans #MektoubMyLoveIntermezzo : il y en a 178. Si on les enlève, je pense que le film dure 20 minutes», a tweeté la journaliste Anaïs Bordages, quand d'autres critiques ont au contraire crié au génie. «La chose plus importante pour moi, était de célébrer la vie, l'amour, le désir, le pain, la musique, le corps et de tenter une expérience cinématographique la plus libre possible», a justifié le cinéaste pendant une conférence de presse électrique.

La marée verte des Argentines

Sur le tapis rouge et dans la salle de projection, elles ont agité un foulard vert, emblème de la lutte pour la légalisation de l'avortement qui a embrasé l'Argentine en 2018. «Que sea ley! Que sea ley!» (Que soit la loi! NDLR) ont scandé à Cannes les héroïnes du documentaire du même nom. Pendant huit mois, le réalisateur franco-argentin Juan Solanas a parcouru l'Argentine pour recueillir des témoignages dans les provinces les plus éloignées de la capitale de femmes ayant avorté clandestinement. Un film bouleversant qui s'ouvre sur la manifestation de milliers de femmes dans les rues de Buenos Aires pendant l'examen du projet de loi de légalisation par le Parlement. Adopté par la Chambre des députés, il a été rejeté par le Sénat. (afp/nxp)

Créé: 25.05.2019, 07h01

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