Une poétesse saoudienne sans niqab à Locarno

Festival du FilmHissa Hilal est venue à Locarno présenter un documentaire qui lui est consacré. Respectant la loi cantonale, la femme de 50 ans originaire de Riad n'est apparue q'avec un voile.

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Première femme à avoir atteint la finale d'un célèbre show TV à Abu Dhabi, la poétesse saoudienne Hissa Hilal était invitée mardi au Festival du film de Locarno. Interdiction cantonale oblige, elle ne portait pas le traditionnel niqab. Le film qui lui est consacré a reçu une standing ovation.

«The Poetess», un documentaire allemand qui lui est consacré, était projeté mardi dans le cadre de la Semaine de la critique, en première mondiale. Résultat, une standing ovation pour la protagoniste. Hissa Hilal était présente avec ses deux filles, non voilées. Elle-même n'avait couvert que ses cheveux.

Dans le film, la femme de 50 ans originaire de Riad n'apparaît que le visage entièrement voilé. Mais suite à ses apparitions télévisées et ses vers dirigés contre des fatwas controversées, ainsi que les nombreuses menaces qui ont suivi, le voile masquant son visage est devenu une sorte de protection pour elle.

A Locarno, le public était prié de ne pas la filmer ou de la prendre en photo. Hissa Hilal, lorsqu'elle s'est présentée sur scène pour répondre à des questions, a toutefois abaissé son voile devant son visage.

Un des auteurs de l'initiative tessinoise anti-burqa, présent dans la salle, n'a pas manqué de réagir, pointant une «contradiction». Il a en retour été sifflé par le public. «Je protège mon visage uniquement pour éviter d'être photographiée par des journalistes», a répondu Hissa Hilal.

Exclusion des femmes

Les règlements vestimentaires, qu'ils soient motivés politiquement ou pour des raisons religieuses, sont suspects aux yeux de la poétesse. «Le niqab a un fond socio-culturel.» Le problème, c'est que les extrémistes utilisent ce niqab pour leurs propres buts, estime celle qui se décrit comme une musulmane enthousiaste.

«La religion est une chose privée entre Dieu et moi.» Le formalisme prend trop de place dans la religion aujourd'hui. La religion est de plus en plus utilisée pour contrôler la société, et les femmes sont exclues. «Pour moi, les femmes sont l'âme de la société. Si on les isole, on isole l'âme d'une société.» (ats/nxp)

Créé: 08.08.2017, 17h43

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