«X-Men: Dark Phoenix» la fin d’une époque

SuperhérosCette franchise Marvel pourrait se terminer avec ce volet.

Vidéo: Sébastien Contocollias

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C’est la réalité métronomique d’une industrie qui tente, tous les deux ou trois mois, de percuter le box-office mondial à coups de franchises plus ou moins légitimes. Et les studios à l’origine de ces blockbusters auraient tort de s’en priver, d’autant plus depuis le succès planétaire d’«Avengers: Endgame», deuxième long-métrage le plus lucratif de l’histoire du cinéma (après «Avatar» de James Cameron), le tout en à peine cinq semaines d’exploitation - il est sorti le 28 avril.

«X-Men: Dark Phoenix» a en commun avec ce dernier de mettre en scène l’effondrement d’un groupe de super-héros, la fin d’un cycle, d’une boucle ou d’une série d’histoires, comme on voudra. Fin du game littéral pour les Avengers, chant du cygne pour les mutants des X-Men. On le sait, ces deux célèbres groupes, propriétés de l’écurie Marvel, appartiennent en propre à des univers différents, presque parallèles, en tout cas situés dans des temporalités disjointes. Il n’y a d’ailleurs jamais (eu) de croisements entre les deux.

Douzième volet

Pour les X-Men, ce nouveau métrage, réalisé par un des scénaristes de la franchise, un Simon Kinberg préféré à Bryan Singer (décidément guère en odeur de sainteté ces temps derniers, surtout depuis son éviction de «Bohemian Rhapsody»), fait suite à trois volets qui ont tendance à se confondre dans nos mémoires. Soit «X-Men: le commencement», «X-Men: Days of Future Past» et «X-Men: Apocalypse». Mais la même saga Dark Phoenix se trouvait déjà adaptée dans «X-Men: l’affrontement final», l’un des rares métrages de la franchise à avoir été rejeté par ses créateurs.

Armé de tous ces pré-acquis, «X-Men: Dark Phoenix», douzième volet d’une franchise interminable, clôt un cycle qui aurait pu se prolonger, si les scénaristes de l’affaire n’avaient pas décidé de le miner de l’intérieur. Car ici, le vers est dans le fruit, et l’ennemi est un infiltré, puisque c’est Jean Gray elle-même, l’une des X-Men, qui se trouve frappée par une entité cosmique mystérieuse qui la rend à la fois plus puissante et terriblement instable. Mais l’entreprise de déstabilisation s’emballe dans sa seconde partie d’une manière trop artificielle pour réellement faire la différence.

Les stars au rendez-vous

Pour tenter de redorer le blason d’une superproduction qui menace à tout instant de s’écrouler sur elle-même, la convocation d’un casting cinq étoiles semblait de mise, comme dans tous les Marvel passés ou à venir. Dans les «X-Men», il est très haut de gamme. Michael Fassbender y côtoie une Jessica Chastain plus blonde que jamais. James McAvoy, qui depuis «Split» et «Glass» de Shyamalan paraît prendre de la hauteur avec le genre, y croise le fer avec une Jennifer Lawrence promue idole des ados depuis une dizaine d’années. Nicholas Hoult s’y adonne comme toujours à un numéro solo plutôt savoureux.

Mais dans l’ensemble, tout cela n’a rien de surprenant. Les uns comme les autres étaient déjà apparus dans de précédents volets, et celui-ci leur permet de grossir leur compte en banque sans qu’ils n’offrent de plus value au film. Il faut y ajouter Sophie Turner, devenue star depuis «GoT» - elle y fut Sansa Stark, au cas où l’information, capitale, vous aurait échappé. Dans ce nouveau «X-Men», elle est clairement la plus faible, niveau jeu. Le problème, c’est qu’elle y joue Jean Grey, et que ce n’est hélas pas le seul point faible du film.

Créé: 05.06.2019, 10h40

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La critique

Excès de paresse


La grande ennemie de l’efficacité, c’est la paresse. Et dans «X-Men: Dark Phoenix», elle prend ses aises. Le scénario est prévisible, la photographie demeure quelconque, et les comédiens ont à peu près tous l’air de cachetonner. Le film se cantonne ainsi à un premier degré régressif dans lequel on traque avec peine les passages qui pourraient dominer. Telle l’ouverture du film, située en 1975, dans une tonalité très mid-seventies en accord avec les comics de Stan Lee. Ainsi de ce curieux dialogue féministe où un personnage s’interroge sur l’appellation des X-Men. «Et pourquoi pas X-Women?» Pertinent, même si la question n’amène pas de réponse. Ainsi de la mort de Raven (désolé de spoiler), inattendue dans le tissu narratif. Tout le reste n’est qu’une suite de combats illustratifs, aux airs de déjà-vu, pâles copies d’autres films, pénibles passages obligés qu’on nous ressort trimestriellement depuis plus de dix ans. Cette répétition de motifs à peine déclinés d’un film à l’autre n’a jamais empêché ces franchises de cartonner. Le succès fracassant d’«Avengers Endgame» vient même nous contredire. Il faut dire que le public cible de ces films est particulièrement bien préparé à leur triomphe.

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