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«Ant-Man et la Guêpe» pique la curiosité

Le plus minus des justiciers vrombit avec la séduction relax qui charmait en 2015. Mais s’offre une partenaire géante, la première à figurer en titre chez les superhéros.

Après les centaines de personnages dépêchés dans «Avengers: Infinity War», après les morceaux de bravoure humaniste de «Black Panther», après la tranche de série B canaille de «Dead­pool 2», place au plus freluquet des superhéros. Dans «Ant-Man et la Guêpe», l’homme-fourmi semble à première vue pouvoir s’évacuer d’un coup de tapette à mouches. D’autant que dans ce deuxième épisode, pour avoir justement voulu frayer avec les costauds d’«Avengers», son maladroit alter ego humain, toujours interprété par Paul Rudd, est assigné à résidence dans sa maison de San Francisco. Un bracelet électronique à la cheville, Scott tire sa peine en tapant sur une grosse caisse de batterie karaoké, construisant des labyrinthes en carton pour sa fille. Après les démonstrations éclatantes de ses collègues justiciers, cet Américain ordinaire, divorcé, glandeur, force la sympathie en bienvenu contraste à la science quantique et aux ténébreux complots grouillant autour de cette discipline. Reste qu’avec Scott aux commandes, la super­arme de destruction massive miniaturisée ne risque pas de voir le jour avant longtemps.

D’où l’intrigue, plus sentimentale. Ainsi, le Dr Pym, un Ant-Man explorateur jadis, qui désormais, est incarné par Michael Douglas, kidnappe l’ahuri pour l’envoyer sauver son épouse prisonnière de l’univers quantique et faire péter le box-office comme en 2015. Une mission des plus romanesques, l’été à Hollywood.

Plus réactive encore que son concurrent DC Comics, l’écurie Marvel, débordant de ressources narratives, ne se prive pas depuis dix ans de le prouver au monde. Et pas seulement pour permettre à son père fondateur Stan Lee de s’offrir une apparition dans chacun de ses films de superhéros. Dans «Ant-Man et la Guêpe», le malicieux ancêtre du comic strip (95 ans!) s’offre une fugitive mais savoureuse séquence nostalgie. Tout ici, d’ailleurs, semble prétexte à dérision dédramatisante.

«Mais les gars, qu’est-ce que vous avez à toujours mettre «quantique» à chaque bout de phrase!»

Si la Guêpe se moule dans la combinaison sexy d’Evangeline Lilly, la superhéroïne ne flirte quasi-pas avec Ant-Man. Tout reste au niveau des septièmes ciels juvéniles. Balancer un tube de bonbons géant sur la tête des méchants, réduire une voiture à la taille d’un Dinky Toys ou agrandir un immeuble, se prendre pour Godzilla dans la baie de San Francisco. L’humour bon enfant domine, jusque dans les théories scientifiques présidant aux multiples variations d’échelle corporelle des protagonistes. Les cancres apprécieront l’explication de texte: «Mais les gars, qu’est-ce que vous avez à toujours mettre «quantique» à chaque bout de phrase!» se plaint Scott. Le réalisateur Peyton Reed n’entend pas se prendre pour Albert Einstein. Au moindre flottement, le cinéaste modifie l’objectif, zoome ou élargit ses héros.

«Ant-Man et la Guêpe», un peu long, un peu prévisible, ne surprend plus comme au premier volet. La plongée quantique n’émerveille pas par sa faune microscopique. La psychologie reste au niveau de l’océan Pacifique: Scott reste un indécrottable mièvre dans ses attendrissements, le Dr Pym un amoureux obstiné pour l’éternité, sa fille la Guêpe quadragénaire mature en toutes circonstances. Même les méchants accusent un coup de mou. Voir le collègue de Pym qui ne se prête à des malversations que pour venir en aide à une créature hybride, Ghost. Voir cette femme fantomatique qui pille les labos pour survivre. Ou ces flics d’une stupidité crasse. C’est l’esprit de «Ant-Man et la Guêpe», ne pas se prendre au sérieux.

Superhéros (USA, 118’, 10/14). Cote: *

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