«Ant-Man et la Guêpe» pique la curiosité

SuperhérosLe plus minus des justiciers vrombit avec la séduction relax qui charmait en 2015. Mais s’offre une partenaire géante, la première à figurer en titre chez les superhéros.


Dans «Ant-Man et la Guêpe», Paul Rudd et Evangeline Lilly ne font que rétrécir ou s’agrandir… trouvant même parfois échelle humaine.
Vidéo: YouTube / Marvel FR


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Après les centaines de personnages dépêchés dans «Avengers: Infinity War», après les morceaux de bravoure humaniste de «Black Panther», après la tranche de série B canaille de «Dead­pool 2», place au plus freluquet des superhéros. Dans «Ant-Man et la Guêpe», l’homme-fourmi semble à première vue pouvoir s’évacuer d’un coup de tapette à mouches. D’autant que dans ce deuxième épisode, pour avoir justement voulu frayer avec les costauds d’«Avengers», son maladroit alter ego humain, toujours interprété par Paul Rudd, est assigné à résidence dans sa maison de San Francisco. Un bracelet électronique à la cheville, Scott tire sa peine en tapant sur une grosse caisse de batterie karaoké, construisant des labyrinthes en carton pour sa fille. Après les démonstrations éclatantes de ses collègues justiciers, cet Américain ordinaire, divorcé, glandeur, force la sympathie en bienvenu contraste à la science quantique et aux ténébreux complots grouillant autour de cette discipline. Reste qu’avec Scott aux commandes, la super­arme de destruction massive miniaturisée ne risque pas de voir le jour avant longtemps.

D’où l’intrigue, plus sentimentale. Ainsi, le Dr Pym, un Ant-Man explorateur jadis, qui désormais, est incarné par Michael Douglas, kidnappe l’ahuri pour l’envoyer sauver son épouse prisonnière de l’univers quantique et faire péter le box-office comme en 2015. Une mission des plus romanesques, l’été à Hollywood.

Plus réactive encore que son concurrent DC Comics, l’écurie Marvel, débordant de ressources narratives, ne se prive pas depuis dix ans de le prouver au monde. Et pas seulement pour permettre à son père fondateur Stan Lee de s’offrir une apparition dans chacun de ses films de superhéros. Dans «Ant-Man et la Guêpe», le malicieux ancêtre du comic strip (95 ans!) s’offre une fugitive mais savoureuse séquence nostalgie. Tout ici, d’ailleurs, semble prétexte à dérision dédramatisante.

«Mais les gars, qu’est-ce que vous avez à toujours mettre «quantique» à chaque bout de phrase!»

Si la Guêpe se moule dans la combinaison sexy d’Evangeline Lilly, la superhéroïne ne flirte quasi-pas avec Ant-Man. Tout reste au niveau des septièmes ciels juvéniles. Balancer un tube de bonbons géant sur la tête des méchants, réduire une voiture à la taille d’un Dinky Toys ou agrandir un immeuble, se prendre pour Godzilla dans la baie de San Francisco. L’humour bon enfant domine, jusque dans les théories scientifiques présidant aux multiples variations d’échelle corporelle des protagonistes. Les cancres apprécieront l’explication de texte: «Mais les gars, qu’est-ce que vous avez à toujours mettre «quantique» à chaque bout de phrase!» se plaint Scott. Le réalisateur Peyton Reed n’entend pas se prendre pour Albert Einstein. Au moindre flottement, le cinéaste modifie l’objectif, zoome ou élargit ses héros.

«Ant-Man et la Guêpe», un peu long, un peu prévisible, ne surprend plus comme au premier volet. La plongée quantique n’émerveille pas par sa faune microscopique. La psychologie reste au niveau de l’océan Pacifique: Scott reste un indécrottable mièvre dans ses attendrissements, le Dr Pym un amoureux obstiné pour l’éternité, sa fille la Guêpe quadragénaire mature en toutes circonstances. Même les méchants accusent un coup de mou. Voir le collègue de Pym qui ne se prête à des malversations que pour venir en aide à une créature hybride, Ghost. Voir cette femme fantomatique qui pille les labos pour survivre. Ou ces flics d’une stupidité crasse. C’est l’esprit de «Ant-Man et la Guêpe», ne pas se prendre au sérieux.

Superhéros (USA, 118’, 10/14). Cote: * (24 heures)

Créé: 17.07.2018, 17h25

Taille de Guêpe

Evangeline Lilly prend le dessus



1979:
Naissance au Canada, à Fort Saskatchewan.

2004-2010:
«Lost» la révèle mais vire au cauchemar dépressif en 117 épisodes. «Tout le temps des émotions horribles! Combien de fois avez-vous vu Kate sourire dans «Lost»?» dit-elle en promotion à Disneyland.

2013:
L’elfe Tauriel dans «The Hobbit» et sa suite.

2015:
«Ant-Man».

2018:
Première superhéroïne à figurer en titre du film. «Marvel est un tel poumon culturel dans le monde, il envoie un message important, sans opportunisme post-affaire Weinstein.»

2019:
Reprend La Guêpe dans «The Avengers 4».

Articles en relation

«Ant-Man et la Guêpe» en tête du box-office US

Cinéma Ce second opus des aventures du super-héros joué par Paul Rudd a d'ores et déjà réalisé un meilleur démarrage que son grand frère. Plus...

Ant-Man, la petite bête qui monte

Cinéma Parent pauvre du clan Marvel, l’homme-fourmi prend sa revanche. Plus...

Le super-héros sort de l’âge bête

Critique «Spider-Man: Homecoming» revient aux basiques et c’est tant mieux. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.