Ant-Man, la petite bête qui monte

CinémaParent pauvre du clan Marvel, l’homme-fourmi prend sa revanche.

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Après la grosse cavalerie des Avengers vient l’heure du super-héros microscopique. L’homme-fourmi n’a guère inspiré le septième art. En matière de comics, les scénaristes se sont pourtant occupés de créatures aussi improbables que Hulk, le vert de rage aux biceps gonflés comme des chambres à air.

Parfois inspiré, Hollywood a même rendu populaires un marchand d’armes milliardaire décadent comme Tony Stark, un ancien viking au Q.I. de Hagard du Nord, ou un guerrier américain assez innocent pour attaquer la lie de l’univers avec un couvercle de poubelle comme bouclier. Inutile d’évoquer les milliards rapportés par le raton laveur équipé d’un lance-roquettes de la saison dernière, Les gardiens de la galaxie s’en charge.

Néanmoins, jusqu’ici, hormis une allusion dans un obscur épisode d’une série enfantine, l’homme-fourmi avait échappé aux radars. Depuis le lancement officiel du projet en 2006, la créature a même failli être écrasée du talon à plusieurs reprises: en mai 2014, Edgar Wright, scénariste et réalisateur pressenti, «divorce» avec les studios Marvel Comics pour «opinions artistiques divergentes».

Plusieurs scénaristes seront convoqués, notamment Adam McKay qui va donner une impulsion décisive à la périlleuse entreprise en collaborant avec le comédien Paul Rudd. «Quand j’ai vu leur matériel, j’ai pensé: «Bon sang, c’est vraiment sympa! Je peux réécrire et ajouter de bonnes choses». J’ai grandi avec les comics Marvel et le geek en moi était sur un petit nuage. En fait, on a ajouté de l’action cool.» Cool, ce sera le maître mot de The Ant-Man.

Avec ses prétentions super-héroïques réduites à l’échelle «Small is Beautiful», la saga fourmille d’excellentes trouvailles comme pour compenser sa taille modeste. Ici, le naufrage du «Titanic» peut se dérouler dans une baignoire, et avec le plus petit budget de l’écurie Marvel, 130 millions de dollars, les effets spéciaux et la 3D se la jouent bon enfant plus qu’en morceaux de bravoure époustouflants. Ce qui n’empêche pas un rendu étonnant en matière de miniaturisation de texture.

De manière générale, comme le remarque avec ironie le savant Pym interprété par Michael Douglas, «Les Avengers sont trop occupés à faire tomber des villes du ciel…» L’inventeur est lui accaparé par sa découverte, un costume spectaculaire qui permet de rétrécir tout en décuplant la force humaine et en lui donnant le contrôle d’armées de fourmis. Trop âgé pour ces galipettes, il élit un sympathique voyou pour l’enfiler. Avec lui, il va réussir le cambriolage du siècle et surtout, sauver le monde.

Le charme de la légèreté

Le réalisateur Peyton Reed l’avoue, il a révisé ses classiques,« L’homme qui rétrécit», de Jack Arnold (1957), «Le voyage fantastique», de Richard Fleischer (1966), ou «Chéri, j’ai rétréci les gosses», de Joe Johnston (1989). Venu de la comédie, le cinéaste insuffle le charme de la légèreté à sa petite entreprise.

Son acteur, Paul Rudd, émane d’ailleurs de la galaxie comique fondée par Judd Apatow, dans l’orbite de« En cloque: mode d’emploi »et 40 ans: toujours puceau› ou «Sans Sarah, rien ne va». Paul Rudd a déjà le ticket pour «Captain America: Civil War», en juin. Une gueule d’ange, façon Ben Affleck au berceau, des dialogues punchy: la recrue pourrait voir sa cote s’envoler après avoir volé sur le dos d’une fourmi ailée. Sa partenaire, Evangeline Lily, aussi. Il ne manque plus qu’un long-métrage à la gloire de La Guêpe dans le cinéma des Avengers, et son actrice semble toute trouvée.

Créé: 15.07.2015, 11h04

Des fourmis et des hommes

Apparu en 1962 dans «Tales to Astonsih no 27», Ant-Man est l’un des héros créateurs historiques des Avengers. Donc lui consacrer un film si tardivement, en clôture de la phase 2 de l’univers cinématographique Marvel (2013-2015), apparaît comme un paradoxe.

Ce défi explique aussi sa mise en chantier compliquée. Comment, par exemple, relier Ant-Man aux Avengers? Le talent des scénaristes est de ne pas se focaliser sur le Dr Henry «Hank» Pym, premier Ant-Man. Retraité actif, Pym (Michael Douglas) suit les agissements d’un gentleman cambrioleur, Scott Lang (Paul Rudd), apparu en 1979 dans «Marvel Premiere no 47». Après l’avoir sorti de prison, le scientifique l’embauche et l’initie au costume d’Ant-Man, qui permet de rétrécir à la hauteur d’une fourmi tout en ayant une emprise sur les formicidés.

Avec bonheur, le réalisateur Peyton Reed conjugue un blockbuster de superhéros avec ses ingrédients narratifs obligés, à un film de braquage à la Thomas Crown ou la Danny Ocean. De quoi alterner scènes survoltées et séquences plus explicatives, qui ici, donnent des respirations bienvenues. Enfin, Evangeline Lilly, qui campe Hope van Dyne, avec une taille de… guêpe et des œillades ravageuses, ne manque pas de piquant.

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