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Personne n’arrive à la cheville, même fracturée, de Tom Cruise

Dans «Mission Impossible: Fallout», le sixième et peut-être dernier épisode de la franchise, la superstar, 56 ans, affiche une dimension humaine inattendue chez «ce bon vieux Ethan Hunt».

Durant le tournage de «Mission: Impossible – Fallout», Tom Cruise s’est fracassé la cheville en sautant d’un building à l’autre. Comme jadis Buster Keaton ou Jackie Chan, la star reste l’une des dernières à pouvoir exécuter ses propres cascades. Un privilège, et pour cause.

À Londres, sa double fracture a provoqué une interruption du tournage durant sept semaines. Pas de soucis financiers néanmoins, l’acteur a pris son pied à documenter l’accident pendant la promotion, images à l’appui. Et la bande-annonce se bonifie encore d’un extrait de la fameuse séquence. À le voir grimacer dans les talk-shows au souvenir du crash, la superstar reprend le visage humain du gars de 56 ans qui, effaré, se voit courir léger, pour se jeter dans le vide, un filin attaché à la taille. Et le réalisateur McQuarrie de surenchérir: «Dans cette scène, à chaque fois qu’il claudique, je veux qu’inconsciemment, vous pensiez: «Aïe!» Les mauvaises langues pourront n’y voir que récupération. Les autres salueront l’esprit d’opportunisme d’un demi-dieu qui a toujours su confondre les bonus-malus de sa vie intime avec sa carrière hollywoodienne.

Ainsi, la franchise «Mission impossible» («M: I»), dont Tom Cruise est producteur depuis 1996, thésaurise sur de pures ambitions personnelles. Au départ, le stratège y a convié les plus grands réalisateurs de films d’action, John Woo ou J. J. Abrams. Malgré ces griffes, les premiers épisodes n’ont pas égalé les «M: I» récents. Dans un livre d’entretiens, Brian De Palma, premier auteur de la saga, y voit le paradoxe du concept. «Notre «Mission impossible», juge le metteur en scène, en larguant la formule chorale du feuilleton, pour aboutir à un produit phagocyté par une star unique, n’a pu que souffrir de débordement égotiste.»

Un cocktail subtil

Avec le temps, Tom Cruise a compris. Au septième art, le boss préfère désormais l’artisanat en équipe. Force est de reconnaître que sa méthode sied à ce type de production, cocktail subtil entre action et humour, héros et méchants, choc de ferraille et psychologie. Dans cette logique, comme le Joker Jack Nicholson en son temps, «ce bon vieux Ethan Hunt» doit se mater comme le meilleur effet spécial du film.

Dans la pratique, cette conviction se concrétise en divers morceaux de bravoure. Traverser Paris, et notamment l’Arc de triomphe, à moto, défié par une septantaine de malotrus. Prendre une raclée chorégraphiée, même un peu humiliante, dans les toilettes d’un night-club de la capitale, pour exposer un profil bas. Se bagarrer pale contre pale avec un autre hélicoptère à travers des montagnes enneigées d’un Cachemire reconstitué en Norvège et en Nouvelle-Zélande. Rééditer la course-poursuite parisienne à Londres, en plus long, plus étroit, plus dense. Savourer le crissement de la tôle sur les façades sans perdre un sourire idiot. Sauter en parachute en privation d’oxygène à près de 8000 mètres de hauteur. Et ne pas oublier de sauver le monde de la destruction totale, la mission de départ.

L’autre soir, la RTS programmait «Demain ne meurt jamais», vieux James Bond daté de l’époque des premiers «M: I». Les gymnastiques emballées par d’athlétiques Pierce Brosnan et Michelle Yeoh pourraient figurer dans «Mission: Impossible – Fallout», tant ce 6e mandat, par sa belle ouvrage, satisfait sans surprendre. Même le patron laisse entendre qu’il ne rempilera pas, préférant encaisser des super G assis dans le cockpit qui le propulsa au firmament en 1986. «Top Gun: Maverick» est agendé à l’été 2019. Personne n’arrive à la cheville de Tom Cruise. Qui ne veut pas se la briser deux fois.

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