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Carlo Chatrian organise sa Berlinale dans l’ombre

En 2020, l’ex-directeur de Locarno dirigera Berlin et a déjà dû résoudre un problème de dates.

Carlo Chatrian, pour diriger la Berlinale, a déjà fait appel à plusieurs collaborateurs qui l’entouraient déjà à Locarno.
Carlo Chatrian, pour diriger la Berlinale, a déjà fait appel à plusieurs collaborateurs qui l’entouraient déjà à Locarno.
KEYSTONE

Une ère se termine à Berlin. Ce soir, Dieter Kosslick remettra pour la dernière fois l’Ours d’or à l’un des seize candidats de la compétition de cette 69e Berlinale, qu’il dirige avec panache depuis 2001. Juste après, il raccrochera son tablier. Enfin presque. Car il est en réalité en fonction jusqu’en juin, mois durant lequel lui succédera un nouveau directeur, Carlo Chatrian, qui était encore responsable de Locarno l’été dernier où il occupait ce poste depuis 2013. À quoi ressemblera sa première Berlinale? À quels changements procédera-t-il? Pour l’heure, impossible de le savoir. Au service de presse, on nous répond qu’il ne fait aucun commentaire durant cette édition. On tente de le joindre par un autre biais, sur son cellulaire allemand. Il finit par nous rappeler et nous dire qu’il n’a pas le droit d’accorder d’interview. En revanche, plusieurs informations circulent, notamment dans les corporatifs parus durant la Berlinale, tel le «Variety», qui s’est lui aussi heurté à un mur en essayant de joindre l’intéressé. Ce qu’on sait par exemple, c’est que la future direction de Berlin sera bicéphale.

Une femme codirectrice

Depuis la nomination de Chatrian, le comité chargé d’examiner les candidatures a décidé d’élire à ses côtés une femme, qui siégeait d’ailleurs dans ce comité avant d’en sortir, Mariette Rissenbeek. Un nom qui ne dira pas grand-chose aux Non-Allemands. Elle s’est occupée durant seize ans de German Films (sorte d’équivalent de Swiss Films), organisme de promotion du cinéma allemand, et connaît parfaitement bien le monde des festivals internationaux. Elle possède surtout un atout, la pratique de l’allemand, qui demeure pour l’instant le point faible de Chatrian, même s’il suit des cours intensifs pour combler cette lacune. C’est sans doute ce qui explique ce choix.

Dès 2020, elle s’occupera des opérations commerciales de la Berlinale, donc du volet administratif, pendant que Chatrian sera en charge de l’artistique. Ce dernier paraît se réjouir de ce partage. «Il faudra trouver la bonne clé pour ouvrir les bonnes portes afin que nous puissions gérer avec succès la Berlinale, assurait-il en 2018 au magazine allemand «Monopol». Je connais la Berlinale depuis 2004 – de l’extérieur, en tant que visiteur. Mais ce que vous voyez de l’extérieur est généralement totalement différent de ce que vous vivez de l’intérieur. Si vous ne regardez que la surface, vous pouvez facilement faire des erreurs. Notre défi consistera à envahir «la machine» Berlinale.» Et sans doute à bien s’entourer. À ce sujet, «Variety» a révélé que Chatrian avait fait appel à une partie de son équipe locarnaise. Et notamment Marc Peranson, Canadien responsable de la programmation à Locarno, plus deux membres du comité de sélection, Lorenzo Esposito et Sergio Fant. Plus une troisième, Aurélie Godet, qui devrait les rejoindre.

Les Oscars changent leur date

Des personnalités de l’ombre qui donnent à penser que la Berlinale pourrait avoir un profil très auteuriste. Ou pas du tout. Dans tous les cas, ni le bureau de presse ni Chatrian n’ont tenu à commenter ces informations. En revanche, le duo Chatrian/Rissenbeek a déjà dû résoudre un premier défi, celui des dates.

En effet, en 2020, la cérémonie des Oscars a été avancée au 9 février. Or en général, la Berlinale a lieu bien avant les Oscars. Mais anticiper l’événement aurait été catastrophique. Donc finalement, après des mois de discussion, il a été décidé de retarder les dates de la Berlinale, qui aura lieu du 20 février au 1er mars, après les Oscars. Est-ce que cela va changer la donne de la sélection? Permettre à des productions américaines pas encore sorties en Europe de faire un tour promotionnel après les Oscars? On voit mal quel profit elles pourraient en tirer et ce changement pourrait au contraire pénaliser Berlin, les Américains ayant moins besoin d’y aller. Autant de questions ouvertes dont les réponses ne surviendront qu’au compte-gouttes. En attendant, à l’instar de certains Berlinois, on ne peut que dire à Carlo Chatrian: «Willkommen!»

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