Passer au contenu principal

«Chanson douce», film glaçant et terrible

Lucie Borleteau adapte le Goncourt 2016 avec une variante chronologique qui oriente toute la narration.

L’implacable logique des faits. Un couple parisien, plutôt bobo, deux enfants en bas âge. La mère qui reprend son métier d’avocate. Le père accaparé par son travail. Un casting pour trouver la nounou idéale. Ce sera Louise, qui a l’air parfaite. La particularité de cette adaptation du Goncourt obtenu par Leïla Slimani en 2016 est, au contraire du roman, de ne pas révéler l’issue du drame au début. A partir de là, ce qui pourrait passer pour un détail oriente toute la narration. Car «Chanson douce», second film de Lucie Borleteau, après un très bon «Fidelio, l’odyssée d’Alice» découvert à Locarno en 2014, au vu de sa conclusion, dévie sans crier gare vers l’horreur pure. En remettant les événements du roman dans leur chronologie, elle se fait narratrice d’un fait divers qui se dessine au gré de l’histoire. D’où le sentiment de malaise qu’on ressent face à un final qui glace tout bonnement le sang. Ceux qui ont lu le roman ressentiront-ils la même chose? C’est fort probable.

«Chanson douce» ne vaut pas seulement pour ces options, ni même pour la bonne tenue d’une mise en scène glacée. Le film repose aussi sur une Karin Viard géniale, capable de donner un visage confiant à un monstre qui paraît cacher son jeu. Du côté des parents bobos dépassés, on louera le couple formé par Leïla Bekhti et Antoine Reinartz, l’un comme l’autre toujours aussi convaincants.

Drame (Fr., 90’, 6/12). Cote: ***

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.