Ciné-concert vampirique à Genève avec le retour de Nosferatu

MusiqueBijou du cinéma expressionniste allemand, «Nosferatu, le vampire» resurgit au Festival Les Athénéennes.

Une scène de «Nosferatu, le vampire» de Murnau, œuvre légendaire qui rebondit aux Athénéennes dans une création mondiale.

Une scène de «Nosferatu, le vampire» de Murnau, œuvre légendaire qui rebondit aux Athénéennes dans une création mondiale. Image: DR

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Quel autre vampire a mieux résisté aux morsures du temps que celui porté à l’écran par Friedrich Wilhelm Murnau? Il suffirait d’évoquer son nom – Nosferatu – pour que, depuis les pans les plus enfouis de la mémoire, surgissent ses traits décharnés, son regard exorbité et sa déambulation à la fois narcotique et inquiétante. Bijou de l’expressionnisme allemand, qu’on classe hâtivement parmi les œuvres pionnières du «horror», le film a fasciné les foules et a surtout aimanté un nombre considérable de compositeurs, désireux de poser tour à tour leur signature musicale sur des images légendaires.

A bientôt 100 ans (il a été montré une première fois en 1922), l’homme frêle et voûté rebondit à Genève, au festival Les Athénéennes, dans un ciné-concert qui affirme une fois encore la vocation pluridisciplinaire de l’événement genevois. Cette fois-ci, les musiques ont été imaginées par deux artistes issus de la sphère classique, mais qui opèrent régulièrement des incursions dans le monde du septième art: les Français Pierre Mancinelli et Thomas Delclaud. Ecrites dans l’urgence, leurs partitions remplacent celles conçues à l’origine pour un autre film des années 20, Dans la nuit, de Charles Vanel. Imaginé par les programmateurs du festival, le projet originel s’est heurté aux travaux de restauration de la pellicule, toujours en cours.

«Nous avons travaillé durant un mois d’arrache-pied pour être prêts, raconte au téléphone Pierre Mancinelli. Le point final, nous l’avons posé ce dimanche seulement.» Dans la rocade dictée par les circonstances, le choix de Nosferatu, le vampire s’est imposé naturellement: «La thématique de cette édition des Athénéennes portant sur la nuit, nous avons très vite pensé à cette œuvre, dont les traits dépassent par ailleurs l’étiquette «horror». En visionnant le film, j’ai mesuré une fois encore sa beauté, la profondeur et la poésie de ses images.»

Quelle texture musicale donner à ces séquences tant de fois revisitées par les musiciens? Les deux complices ont opté pour un dispositif simple: deux pianos (auxquels ils s’attelleront durant la projection), une flûte traversière (Armelle Cordonnier) et quelques modules électroniques pour des doses discrètes de sons échantillonnés. «C’est une musique tonale, comme l’était celle des B.O. des années 20, note Pierre Mancinelli. Mais elle est aussi ancrée dans le présent, grâce à l’apport de l’électronique. Pour résumer, je dirais qu’elle s’appuie sur le symbolisme du film autant que sur sa charge psychologique.» Voilà qui promet de magnifier les traits noirs d’un film indispensable.

Créé: 10.05.2016, 11h13

Agenda



«Nosferatu, le vampire»

de F. W. Murnau, avec les musiques de Pierre Mancinelli, Thomas Dalclaud et le concours d’Armelle Cordonnier (flûte traversière)

Athénée 4, mardi à 20 h,
www.lesatheneennes.ch


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