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Cluzet en campagne

A 62 ans, le «Parigot» s’offre un bol d’air à «L’école buissonnière» du réalisateur aventurier Nicolas Vanier. Oxygène.

NostalgieFrançois Cluzet part à «L’école buissonnière» avec Nicolas Vanier, un réalisateur amoureux de la nature et des beautés bucoliques de la Sologne.
NostalgieFrançois Cluzet part à «L’école buissonnière» avec Nicolas Vanier, un réalisateur amoureux de la nature et des beautés bucoliques de la Sologne.
DR

Pour tourner L’école buissonnière, François Cluzet a soigné la barbe, le gros futal marron, la démarche du garde-chasse. Trois mois en Sologne, à fouiller l’humus, à mettre des noms sur les champignons, lui donnent bon teint. A 62 ans, la star sur le tard reste ce jusqu’au-boutiste qui, gamin, rêvait d’accéder à la gloire. Ne le dites à personne puis Intouchables l’ont propulsé au firmament au début du siècle, il en veut encore. «Moi, je n’ai pas cherché à perfectionner un talent, je voulais entendre les ovations!» s’amuse-t-il.

Heureusement, se souvient-il encore, «le petit couillon de Parigot» qu’il était à l’enfance remettait les pieds sur terre aux grandes vacances. «Mon père nous mettait dans la DS, dix heures après, nous arrivions dans les Hautes-Pyrénées, chez les grands-parents. Mon oncle nous embarquait à la pêche aux truites qui dormaient dans les trous.» Nostalgie.

Avec ces accents pagnolesques, le conte de Nicolas Vanier déborde de ces sentiments rapicolants. Le réalisateur de documentaires aventureux et de sagas à la Belle et Sébastien a séduit le citadin Cluzet. «Je voyais ses paris de dingue, à marier les animaux et les enfants, à défier la météo, les éléments. Et moi, lové dans mon canapé, comme un poltron incapable… Il m’a fallu l’apprivoiser, c’est un solitaire. Puis soudain, ce type, tu lui donnerais ta chemise pour l’aider à arriver!»

Adoubé par Claude Chabrol

Magnifique comédien adoubé par Claude Chabrol en sept films, l’atypique ne garde pas d’amertume des galères professionnelles ou intimes. Même s’il s’encolère encore au souvenir de la tragédie Marie Trintignant, il veut croire à la sérénité. «Je veux une carrière sur la longueur, comme un Michel Bouquet qui, à 91 ans, monte sur les planches. Je l’avoue, je savoure ma popularité. Quand tu fais 5 millions d’entrées avec Les petits mouchoirs, tu sais que tu entres dans les chaumières.» Le succès le «dorlote», il n’oublie jamais le mot de Louis Jouvet: «Tu choisiras quand tu auras le choix». Et rigole: «Ce qui, au fond, n’arrive quasi jamais. Je continue à avancer tiers de marche par tiers de marche. Et alors je pense à Brel, le talent, c’est l’envie, disait-il.»

Tout requinqué en braconnier de l’émotion, face à un Eric Elmosnino gouailleur en policier qui le traque en plein flagrant délit, François Cluzet semble dans son élément. «Le monde manque tant de générosité. L’âge me murmure que la vie est courte, qu’il faut donner le meilleur par ses actes. J’ai reçu tellement, croisé tant de gens magnifiques. Ma chance, elle vient de là.»

Alors, il s’emploie à renvoyer l’ascenseur au bon Dieu des comédiens. «La vérité vient du partenaire. Dans ses yeux, vous voyez le crédit qu’il vous autorise, la marge qu’il vous laisse pour déraper. Même si vous vous plantez, si vous inventez le texte.» Et d’écarquiller les yeux quand il s’entend qualifié de chef de bande. «Marrant… Depuis le temps, quand j’arrive sur un tournage, je vois comment le truc va s’appréhender, l’humeur qui habite l’équipe. J’aime penser que je donne les bons déclics en amont au stade des répétitions. Et là, si vous donnez les mauvais ordres, il n’y a plus de chef! Puis tout se joue dans l’instant, à l’instinct, avec tous les accidents de la vie.»

«Il devient si rare d’avoir l’occasion de défendre la beauté du monde, la transmission des valeurs par l’apprentissage de la nature»

Le spectre des Michel Simon et autres «vieil homme à l’enfant» défilent sur l’écran de ce cinéma de grand-papa. «L’école buissonnière, c’est un conte rêvé qui donne presque l’impression de l’avoir déjà vu dans sa tête, en noir et blanc. Une fable initiatique pour les jeunes spectateurs. Il devient si rare d’avoir l’occasion de défendre la beauté du monde, la transmission des valeurs par l’apprentissage de la nature. Et moi, j’ai envie de susciter cette bienveillance.» Alors vivent les images d’Epinal, la fraternité célébrée envers et contre les mesquineries bourgeoises, le coup de rouge réconciliateur entre le filou et la maréchaussée, le code d’honneur des chasseurs. Le cerf peut bramer en paix, Nicolas Vanier veille et François Cluzet est son pisteur.

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