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«Les derniers Jedi» donnent un avenir à «Star Wars»

Au huitième épisode, la passation de pouvoir veille à ne pas déroger à la généalogie complexe posée dans Le réveil de la Force.

Les fans de Star Wars attendent depuis 700 jours la résolution des brûlots lancés dans Le réveil de la Force. Dans Les derniers Jedi, à la suite de Harrison Ford, Han Solo a pris une retraite définitive. Son fils indigne Kylo Ren semble basculer du côté obscur, tandis que Supreme Leader Snoke ricane dans ses doigts fourchus. Le vide laissé par Han Solo se comble grâce à la fascinante Rey, jeune pilleuse d’épaves en quête d’identité. Au huitième épisode, la frondeuse veut convaincre Luke Skywalker de rejoindre les rebelles. En effet, les hommes de la générale Leia Organa sont acculés par les vaisseaux du général Hux.

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Cela résumé, le père fondateur George Lucas peut dormir tranquille. En vendant la franchise Star Wars aux studios Disney, le producteur réalisateur n’a pas trahi la Force. Posé il y a quarante ans, l’échiquier originel subsiste selon des règles strictes. Sans doute la longévité de la saga tient-elle à cette minutieuse gestion généalogique. Une fois encore, les scénaristes ne se moquent pas des hordes qui spéculaient sur la Toile et trouvent des filiations astucieuses pour relancer les offensives.

D’autant que le destin a frappé en décembre 2016, quand Carrie Fisher, créatrice de l’inoubliable Leia à macarons tressés, s’est échappée dans une galaxie lointaine, très lointaine. À plusieurs reprises, le réalisateur, Rian Johnson, présente d’ailleurs ses hommages à la comédienne souveraine. Cet aléas pourvoit à une pause philosophique bienvenue. Leia, veuve vieillissante, soupire la sérénité malgré l’éternité du combat entre le Bien et le Mal. Par contre, Luke Skywalker, reclus en ermite dans la planète océan Ahch.To erre en proie aux démons du passé. Prêt à brûler les livres des Jedi, cassé dans sa foi, l’ancien guerrier affronte ses erreurs, son dernier combat.

Au-delà de cette passation des pouvoirs, Les derniers Jedi évoque pour la première fois peut-être dans la saga, «des ans l’irréparable outrage». Il ne s’agit plus de transition générationnelle entre innocence de l’enfance et dilemme de l’âge adulte. Il faut envisager l’irréversible marche de la condition mortelle. Mark Hamill, dans ce répertoire, peut déployer un instinct dramatique peu exploité jusqu’ici.

La mise en scène de Rian Johnson, d’ailleurs, tend à sublimer les performances. Jusque dans les seconds rôles qui explosent avec une inventivité si efficace qu’elle réussit à faire oublier les absents. Ainsi du briseur de codes DJ, goguenard plaisantin qui peut virer au vénal cynique. A ce jeu, Benicio del Toro rappelle parfois Harrison Ford dans ses meilleures œillades. Kelly Mary Tran, en Rose fleur bleue, impacte une technicienne anonyme, amourachée de Finn, l’ex-Stormtrooper. Entre le Black et l’Asiatique, c’est l’harmonie mondialiste, la belle se déclarant passionnée par la condition animale et l’écologie planétaire.

Les premiers rôles développent eux une stature solide, qu’il s’agisse d’Adam Driver en Kylo Ren ravagé d’angoisses existentielles ou Daisy Ridley en Rey aux gênes perdus en terrain vague. «Laisse mourir le passé, lui lance-t-il. Tue-le si nécessaire. C’est le seul moyen d’accomplir ton destin.»

Le scénario, sur près de trois heures, déploie ainsi de nouveaux horizons. D’autres touches viennent marquer les préoccupations contemporaines. Voir la planète casino Canto Bight où les rebelles espèrent trouver le briseur de codes qui les sauvera. Loin d’un univers au glamour décati façon Blade Runner, d’un théâtre rutilant à la Casino Royal, ce triste royaume de la roulette n’accueille que des beautés fanées embijoutées par de cupides trafiquants d’armes sans morale et gras affairistes.

En la matière, les studios Disney ne font que perfectionner et amplifier les stratégies commerciales en place, sans outrance à l’écran. Comme le jouet robotique issu du malicieux BB-8, des peluches naîtront sans doute des mignonnes bestioles de la planète océan. Il ne faudrait pas dénaturer la Force.

S.-F. (USA, 167’, 12/12) Cote: * *

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