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CarrièreLe Festival de Cannes rend hommage à Alain Delon

Après Jean-Paul Belmondo il y a deux ans, le festival de Cannes rendra hommage à une autre star du cinéma français: Alain Delon. Le film «Plein Soleil» sera diffusé dans sa version restaurée inédite.

Alain Delon se verra honoré par ses pairs au festival de Cannes.
Alain Delon se verra honoré par ses pairs au festival de Cannes.
Keystone
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Mythe du cinéma, Alain Delon, 77 ans, qui recevra samedi l’hommage du Festival de Cannes pour l’ensemble de sa carrière, a imposé sur les écrans un charisme rare qui en a fait l’acteur français le plus célèbre au monde, notamment en Asie, sans que la gloire ne le rende forcément heureux.

«Il n’y a que le Christ que je n’ai pas joué. C’est un peu tard», déclare l’acteur français au Figaro jeudi. Alain Delon, qui n’a jamais reçu le grand prix d’interprétation à Cannes, a joué dans quelque 90 films sous la direction de réalisateurs aussi prestigieux que Melville, Visconti, Antonioni, Losey, Godard, Malle...

A Cannes, en invité d’honneur, Alain Delon découvrira la version restaurée de «Plein Soleil» (1960) de René Clément, un des films qui ont lancé sa carrière.

Fatigué de sa célébrité

Egalement producteur et réalisateur, homme d’affaires et collectionneur d’art, l’acteur ténébreux à l’arrogante séduction se dit aujourd’hui fatigué d’une célébrité qui lui a interdit de vivre comme tout le monde.

Le temps a creusé les rides et blanchi les cheveux de ce fauve solitaire, misanthrope et généreux, parlant parfois de lui à la troisième personne, qui a aimé la gloire avant que celle-ci ne l’écœure. «J’ai été programmé pour le succès, pas pour le bonheur. Ça ne va pas ensemble», dit-il.

Gâté par la fortune, il le fut aussi par les femmes: «C’est en elles, dans le regard de ma première femme, Nathalie, jusqu’à Romy (Schneider), Mireille (Darc) ou la mère de mes enfants (Rosalie van Breemen) que je puisais ma motivation pour être ce que j’étais, pour faire ce que je devais faire.»

Enfance instable

Né le 8 novembre 1935 à Sceaux (Hauts-de-Seine), Alain Delon connaît une enfance instable après le divorce de ses parents, suivie de quatre ans de guerre d’Indochine comme fusilier marin. Démobilisé, il traîne à Saint-Germain-des-Prés où son élégance canaille et sa «gueule d’ange» (un de ses futurs surnoms) avec des yeux couleur d’améthyste ne passent pas inaperçus.

En 1957, il débute à l’écran dans «Quand la femme s’en mêle», d’Yves Allégret, avant de devenir très vite l’interprète des plus grands: l’Italien Luchino Visconti sera le vrai pygmalion du jeune acteur dont il a senti l’intelligence et les possibilités. «Rocco et ses frères» et «Le guépard» sont deux des plus beaux fleurons de la carrière de Delon.

En Italie, il tournera aussi «L’éclipse» (Michelangelo Antonioni), avant de réussir de mémorables compositions pour Jean-Pierre Melville dans «Le cercle rouge», avec Bourvil, et «Le Samouraï».

Début de sa liaison avec Romy

Au théâtre, on le voit dans «Dommage qu’elle soit une p...», mis en scène par Visconti. Sa partenaire s’appelle Romy Schneider: c’est le début d’une longue liaison avec la jeune actrice autrichienne.

Avec «Borsalino», de Jacques Deray, il connaît en 1974 un des plus gros triomphes de sa carrière au côté de Jean-Paul Belmondo.

La liste de ses succès est longue: «Les granges brûlées», «Le gitan», «Parole de flic», etc. Dans «Notre histoire» (1984), de Bertrand Blier, il joue à contre-emploi un garagiste alcoolique, rôle pour lequel il obtient un César. Alain Delon s’efforce aussi de diversifier ses activités: réalisateur, il met en scène «Pour la peau d’un flic» (1980) et «Le Battant» (1983).

Passionné de boxe, il a aussi monté une écurie de chevaux de course. Surtout, il a créé en 1978 sa société de diffusion de produits de luxe qui sera un succès. En Asie, sont vendus sous son nom des cigarettes, des alcools ou des parfums. Amateur d’art, il a collectionné les bronzes animaliers de Rembrandt, des Bugatti, des grands crus, des montres, avant de revendre récemment toute une partie de ses biens.

Déprime en 2002

En 2002, après sa séparation avec Rosalie, il ne cache pas sa déprime, évoquant même l’idée du suicide. Il renoue toutefois avec le cinéma en 2008, interprétant Jules César dans «Astérix et les Jeux olympiques». Revenu sur le petit écran pour des mini-séries, l’acteur était sur scène en 2007 pour jouer «Sur la route de Madison» au côté de sa vieille amie Mireille Darc.

Président d’honneur de la Société Miss France, il dit revoir rarement ses films car «l’exercice lui brise le cœur»: «Je suis un des derniers survivants de mes films».

Il est père de trois enfants: Anthony, né de son mariage avec Nathalie, Anouchka et Alain-Fabien, nés de son mariage avec Rosalie. Il entretient des relations compliquées avec ce dernier qui vient de faire ses débuts au cinéma à Cannes, dans «Rencontres d’après minuit», du Français Yann Gonzalez.

AFP

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