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«Ma fille» («Figlia mia») fascine entre anges et démons

La jeune cinéaste romaine Laura Bispuri chronique un trio familial infernal avec une infinie délicatesse.

Dans «Ma fille» («Figlia mia»), présenté à la dernière Berlinale, la réalisatrice Laura Bispuri explique avoir voulu «fusionner» un choc d’actrices dans la texture la plus réelle possible. Et une magie solaire opère souvent dans ces paysages d’une Sardaigne dépouillée de clichés. A priori, le duel s’arbitre entre deux tempéraments opposés. Merveilleuse comédienne, même quand la Florentine n’évolue pas sous le regard bienveillant de sa sœur réalisatrice Alice, la diaphane Alba Rohr­wacher impose une musique immédiate dans ses apparitions. Et ça ne rate pas ici, où la jeune fille au teint de modèle préraphaélite mue en ravageuse créature.

Loin de laisser magnifier sa beauté énigmatique, l’actrice révèle une vamp explosive, les mèches hirsutes et le lyrisme bouillonnant, transpirant. Rien de pittoresque ici. Face à ce rouleau compresseur de séduction étrange, une petite enfant rouquine découvre les jeux des adultes. Vittoria, 10 ans, est happée par le charme fantasque de cette Angelica, un ange ou un démon. Survient alors l’autre pôle féminin, sa mère Tina, une madone à la perfection a priori inaltérable, qui voit d’un mauvais œil le manège de la blonde. La brune s’inquiète, se tourmente. Très vite, il devient palpable que les démons de la jalousie ne peuvent être rendus seuls responsables d’un malaise croissant.

Valeria Golino se charge d’incarner cette figure a priori antipathique. Mais dans cette chronique au vérisme revendiqué sous ses nuances délicates, aucune vérité ne s’établit en codes définitifs. Blonde, brune, rousse: la nuance prime.

Chronique: Italie, 97', 16/16Cote: **

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