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Florence Foresti réussit à toucher… «De plus belle»

Comédienne inattendue, la femme clown se pique à la tragédie de la vie avec des accents persuasifs. A voir.

Lucie, la quarantaine cabossée par le destin, reprend pied après un cancer, rencontre même un prince charmeur, Clovis. Puis le crabe, double cancer du sein, emporte ses espoirs. Sur ce thème des plus lourds, la costumière, ici réalisatrice autodidacte, Anne-Gaëlle Daval brode De plus belle, un premier film à la finesse inattendue. Chaperonnée en douceur par Mathieu Kassovitz, lui-même metteur en scène, Florence Foresti mue en actrice dramatique. Après diverses incursions plutôt ratées dans la comédie, la meneuse de show dévoile une facette moins caricaturale qui lui sied. Cette mise à nu frontale, au propre et au figuré dans la plupart des séquences, réussit à casser le cliché de l’humoriste qui se la joue tragédienne.

Ici, l’essentiel du propos tient à la reconquête de la féminité, élément identitaire d’un éventuel avenir pour l’héroïne. Cette quête passe par des tâtonnements furtifs, notamment des cours de cabaret qui finiront en strip-tease burlesque mené à la baguette par Nicole Garcia. Ces séquences qui menacent sans cesse de sombrer dans l’apitoiement et le ridicule tiennent pourtant, perchées sur le fil de la sincérité. Là où le film risquerait, entre deux rechutes nauséeuses, de capoter sans rémission possible, un pas de deux dans le scénario, une légère dérive optimiste permet d’esquiver le naufrage.

Le drame n’est jamais planté bien loin mais la vie, dans ce drôle de film, bat De plus belle.

Drame (Fr., 98’, 10/14). Cote:

**

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