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L’imprenable Robert Frank se laisse flasher au film sans grincher

Le documentaire «Dont Blink» se présente comme un portrait en forme de fusée du plus suisse et du plus fou des photographes américains.

Toujours un appareil à la main, Robert Frank se montre étonnamment aimable dans ce documentaire qui parvient à capter l'étoffe du personnage et de l'artiste.
Toujours un appareil à la main, Robert Frank se montre étonnamment aimable dans ce documentaire qui parvient à capter l'étoffe du personnage et de l'artiste.
LDD

«A Robert Frank, je donne maintenant ce message: tu as des yeux.» Cette assurance de Jack Kerouac, dans la préface qu’il rédigea pour The Americans (1958), livre de photographies considéré encore aujourd’hui comme le plus influent de la deuxième moitié de XXe siècle, Robert Frank ne l’a jamais démentie par son travail aussi stylé que buté, travaillant le mythe à même son présent, en disciple de Walker Evans.

Une sacrée belle tronche

S’il a des yeux, Robert Frank a aussi une tronche et il sait la faire comme personne. C’est ce que rappelle Don’t Blink - Robert Frank, un documentaire de Laura Israel sur cet émigré zurichois né en 1924 qui s’incrustait aux Etats-Unis dès 1947 pour devenir l’un des photographes les plus importants de sa patrie d’adoption en capturant, avec une audace désinvolte et un instinct formel très sûr, l’homme et la femme de la rue.

L’ancien compagnon de route de la «beat generation» qui côtoya aussi les Stones pour son film Cocksucker Blues y est saisi dans toute sa splendide marginalité. Car c’est bien la force de cet artiste célébré d’avoir su rester un «freak», lui qui les a tant aimés.

S’il avait déjà eu droit à un portrait en 2005 (Leaving home, coming home de Gerald Fox), cette nouvelle plongée réussie dans son intimité prend un tour rock’n’roll: musique au diapason, montage serré, si ce n’est saccadé. L’occasion de glisser un œil dans ses images inoubliables, ses films expérimentaux sans concession et de mesurer sa réticence historique à donner des interviews, ce qui ne rend ce nouveau document que plus précieux puisque le photographe y ouvre même la porte de sa cabane au Canada où il est capable, une fois le poêle ronflant, de contempler l’océan pendant des heures.

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