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«J’ai connu le démon de midi toute ma vie, selon mes rêveries»

Sexy sexagénaire, Auteuil réalise et joue «Amoureux de ma femme». Une fable vieille comme le monde.

Découvrant la juvénile amie de son vieux pote (Gérard Depardieu), Daniel fantasme à l’idée de quitter son épouse (Sandrine Kiberlain) pour lui aussi, s’abandonner au démon de midi. A la quatrième réalisation, le comédien adapte une pièce de Florian Zeller en toute légèreté. Coup de fil.

N’avez-vous pas flirté avec le démon de midi, votre épouse a 27 ans de moins que vous?

En amour, je n’ai jamais eu d’horloge! Le démon de midi, je l’ai connu toute ma vie, selon mes rêveries. Face à l’érosion du couple, tous les hommes se posent la question, les femmes aussi d’ailleurs. Pourquoi mon copain sort-il avec une jolie jeune femme, et pas moi? Mon personnage le vit par procuration, juste un soir où il a un gros coup de chaud.

Sans la fantaisie façon «Le magnifique» de Bébel, la fable ne serait-elle pas réac?

La pièce de Florian Zeller permettait de balader le spectateur entre fantasme et réalité, j’ai pu amplifier ces ambiances, appuyer sur l’ailleurs. Filmer du rêve, voilà ce qui m’amuse au cinéma.

Ici, n’êtes-vous pas plus Papet qu’Ugolin sur la morale?

J’ai l’âge d’Yves (Ndlr. Montand, partenaire de «Jean de Florette») et je veux vieillir le plus longtemps possible. Le renoncement fait partie de la plénitude, dit Lacan. Je prends mes distances désormais, du moins, en ce qui concerne les émotions superficielles. Et il était temps! J’ai tourné jadis «L’un reste, l’autre part», j’étais celui qui partait. La réalité, c’est que l’amour dure au-delà du désir.

Diriger Depardieu, le risque d’un accident industriel, non?

Non, parce que nous nous connaissons comme camarades de travail depuis plus de trente ans, avec «Le placard» ou «36 Quai des orfèvres». Bien sûr, il reste imprévisible, impatient, remuant. Brûlé d’émotions, voyez-le dans Barbara. Je voulais le montrer en amoureux qui a tout foutu en l’air et lui rendre une bulle de bonheur. Après… les hommes ne changent pas réellement.

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