Katniss, icône de la génération ado

DystopieAu troisième épisode, qui couvre la moitié du troisième volume, «Hunger Games» séduit toujours, grâce notamment à Jennifer Lawrence.

ActionKatniss (Jennifer Lawrence),dans l’habit du geai moqueur, et Gale (Liam Hemsworth).

ActionKatniss (Jennifer Lawrence),dans l’habit du geai moqueur, et Gale (Liam Hemsworth). Image: IMPULS/DR

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Saga post-apocalyptique qui a popularisé le terme dystopie, ou contre-utopie, Hunger Games séduit de manière addictive. Mieux, la jeune héroïne Katniss Everdeen s’impose comme porte-parole des adolescents. Si La révolte, partie I va les ravir, ils risquent aussi d’être désappointés: ils devront attendre une année pour la suite.

A une quinzaine de pages près, les trois romans de la saga culte de Suzanne Collins ont la même épaisseur. D’où l’équation simple qui prévalait jusqu’ici: un tome, un film. Le triomphe planétaire de ces deux premières adaptations ne pouvait qu’inciter les producteurs à scinder le troisième volet. Le studio Lionsgate n’allait pas se priver de doubler ses bénéfices. Peter Jackson n’a-t-il pas tourné une trilogie avec le seul Hobbit? Pas de problème, si ce n’est peut-être que la dramatisation de l’histoire s’amplifie considérablement dans la deuxième partie du roman, sans compter une fin aussi déchirante qu’inattendue. Sur grand écran, les deux parties paraissent donc déséquilibrées: le livre se dévorait d’une traite.

Sauvée par les rebelles, souffrant d’un stress post-traumatique, sujette aux cauchemars, Katniss n’a plus à se battre pour sa famille. Pour mémoire, elle s’était portée volontaire pour sauver sa petite sœur appelée à participer aux épouvantables jeux du Capitole (Hunger Games, tome 1). Katniss ne lutte plus avec ses amis, elle qui, après avoir humilié le tyrannique président Snow (Donald Sutherland), revenait dans l’arène avec d’anciens vainqueurs pour les Jeux de l’Expiation (Hunger Games - L’embrasement). Affligée par la capture de Peeta, son ami de cœur, elle se débat dés-ormais pour retrouver un équilibre, voire la raison. Le récit est écrit à la première personne: tout se lit sur le visage de Jennifer Lawrence. Parallèlement, Katniss découvre le monde souterrain des rebelles, où le principe d’égalité décrété par la présidente Alma Coin (Julianne Moore) se forge dans une discipline absolue.

Cette première partie du troisième volume relève quasi du film de guerre classique. La «fille du feu» qui embrasait ses robes en ouverture des Hunger Games doit ici attiser les flammes d’une révolution balbutiante. Après avoir découvert de ses yeux les ignominies du président Snow, elle endosse son costume de geai moqueur pour incarner la résistance. Même si elle pressent n’être qu’un pion sur un échiquier aux règles incertaines.

Les deux premiers épisodes mêlaient les genres, drame, dystopie, S. F., fantasy, voire l’aventure exotique avec les séquences des abeilles tueuses, des mandrills carnassiers ou des geais moqueurs mutants. Dans le troisième, le ton devient plus âpre, la photographie gris cendre. Heureusement, le solide arsenal sociologique de Suzanne Collins perdure: critique du totalitarisme rampant, dilemmes d’une jeunesse idéaliste, exploitation des masses, corruption du pouvoir. Difficile malgré tout d’évaluer une moitié de film qui, pour l’essentiel, pose les bases d’une dramaturgie promise à se complexifier. La réalisation de Francis Lawrence s’avère aussi efficace que l’interprétation subtile des principaux acteurs. Vivement l’année prochaine.

S. F. (USA, 123’, 12/14 ). En salle. Cote: VV

Créé: 19.11.2014, 08h50

Jen Lawrence: voisine de palier, star de proximité

Dans Hunger Games: La révolte, Katniss, promue idole des rebelles, tourne un clip de propagande pour rameuter les troupes. A l’évidence, cette S.F. célèbre la manipulation des images chez les bons et les méchants.

En pasionaria façon Jeanne d’Arc, la guerrière s’affiche d’abord très laborieuse dans l’exercice. Puis son metteur en scène la plonge en conditions réelles: la butée explose l’écran.

Jennifer Lawrence, 24 ans, dévoile ce double visage de Katniss en pro. La blondinette du Kentucky possède des états de service éloquents: familière des grosses machines à la X-Men, elle a obtenu sa première citation à l’Oscar pour un film indépendant, Winter’s Bone, il y a trois ans.

Depuis, elle a décroché la statuette avec une comédie, Happiness Therapy, tout en s’illustrant dans le drame,
Le complexe du castor, ou le burlesque, American Bluff. Jennifer Lawrence est là pour durer bien après que la franchise de Hunger Games se sera tarie.

Cette conjonction d’une star en puissance et d’un livre choyé par les adolescents bétonne un des piliers du phénomène Hunger Games: plus que dans les minauderies de Shailene Woodley dans Divergent ou de la brunette Kaya, déjà retournée à l’anonymat, dans Le Labyrinthe, les jeunes adultes s’identifient non seulement au physique de Jen, cette «voisine de palier» qui refuse de maigrir dans le miroir hollywoodien.

Ils adhèrent aussi au mental chahuté de l’héroïne, seule dans les mondes de la dystopie, tiraillée entre deux frères d’arme qu’elle touche à peine. L’actrice donne à ces tempêtes crâniennes un relief en totale adéquation avec la complexité des romans de Suzanne Collins.

L’osmose entre littérature jeunesse et blockbuster n’a cessé de s’amplifier depuis 2001 et l’irruption de Harry Potter.

Le box-office prouve qu’il ne suffit pas de coller un joli visage sur une bonne histoire pour lancer le buzz: le geai moqueur doit chanter juste. Sur cette branche, l’aria de Miss Lawrence est unique. Cécile Lecoultre

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