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Kubrick livre un «secret brûlant» d’outre-tombe

Un scénario du maître, daté de 1956, émerge. «Burning Secret» pourrait être tourné.

Kubrick, cinéaste visionnaire, n’a pas encore tout dit.
Kubrick, cinéaste visionnaire, n’a pas encore tout dit.
Keystone

Alors que son classique absolu, «2001: l’odyssée de l’espace», émerveille encore, cinquante ans après sa sortie, Stanley Kubrick, décédé en 1999, livre un secret brûlant d’outre-tombe. Ou du moins, un scénario inédit en parfait état de complétude. Son compatriote Nathan Abrams, historien du cinéma et maître de recherches à l’Université de Bangor (Maine), a exhumé ce manuscrit d’une centaine de pages, daté d’octobre 1956 et estampillé du sceau de la MGM.

À l’époque, explique l’expert, le cinéaste était sous contrat avec ce studio. Plus désireux de voir aboutir «Les sentiers de la gloire» que «Burning Secret», les producteurs pourraient avoir forcé le cinéaste, qui n’a alors tourné que «The Killing», à l’abandonner. «Ses proches connaissaient son envie d’adaptation, déclare Nathan Abrams au «Guardian», mais ne croyaient pas qu’il l’avait écrite.» Le spécialiste note que, adapté d’un roman de Stefan Zweig, ce scénario possède le parfum de soufre d’une autre adaptation du romancier viennois, «Eyes Wide Shut». En 1956, cette aura de scandale sexuel en puissance a pu décourager Hollywood, même si Stanley Kubrick y bénéficiait de la protection d’esprits plus éclairés, comme la star Kirk Douglas. En effet, «Burning Secret» a pu choquer, sorte de «Lolita» inversé. «Ici, explique Nathan Abrams, le personnage principal s’allie les faveurs d’un garçonnet pour séduire sa mère. Dans «Lolita», le héros de Nabokov épouse la mère pour coucher avec la fille. En 1956, le concept était assez tordu à imposer aux producteurs corsetés par la censure. Même si Kubrick y arrivera en 1962 avec «Lolita.»

Dans sa relecture de Zweig, le maître transpose l’intrigue, située en Autriche au début du siècle, dans l’Amérique moderne. Il se murmure que «Burning Secret» tente déjà les cinéastes contemporains. Avec la bénédiction de Stanley Kubrick, Steven Spielberg a ainsi matérialisé le projet inabouti d’«A.I. Intelligence artificielle».

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