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«Lucky», éloge burlesque de Harry Dean Stanton

Feu Mr Stanton inspire un road-movie immobile dans le bled désertique où il coula ses derniers jours.

1) Filmer les petits riens d’un grand homme

Tous les matins, le vieux Lucky se lève, se toilette comme un chat, rase les trois poils qui lui poussent au menton, décoince ses muscles grâce à une séance de gymnastique en justaucorps. D’attaque pour commencer une nouvelle journée, le gaillard enfile une des trois chemises à carreaux identiques qu’il possède, ses bottes et son chapeau. Et part s’attabler chez Elaine’s, face à ses mots croisés.

2) Honorer Harry Dean Stanton

Lucky ressemble diablement au génial Harry Dean Stanton. Et vice versa. Un de ses potes ressemble diablement à David Lynch. L’acteur tourna cinq fois avec le réalisateur, notamment une scène aussi fugitive que sublime dans Une histoire vraie. Ici, ils philosophent de concert, sur la tortue President Roosevelt qui a pris la poudre d’escampette, ou les avocats retors qui vous vendent des cercueils. En fond sonore, les jeux télévisés qui bercent le quotidien de Harry, croassent l’Amérique ordinaire.

3) «Mourir, cela n’est rien mais vieillir»

Les mots de Brel résonnent comme le sifflement du crotale dans ce désert du sud-est américain. «Mourir, cela n’est rien mais vieillir» psalmodient les paysages immobiles. Pudique et inabouti, l’exercice aurait plu à Harry Dean Stanton en guise d’éloge funèbre.

Docufiction (USA, 88’, 8/14). Cote: **

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