Le Père Noël va aussi au cinéma

Les films de Noël pour enfantsC’est de saison, les enfants sont conviés en salle. Ambassadeur du genre avec «Santa & Cie», qu’il joue et réalise, le Français Alain Chabat partage ses souvenirs. De quoi passer en revue les films sur les écrans de décembre.

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Alain Chabat ne doute de rien. L’acteur réalisateur rentre de «sa» Laponie avec ce qu’il considère comme un quasi-documentaire, Santa & Cie. Tout juste sexagénaire, la mèche encore grisée par les soucis de son héros à barbe blanche, le cinéaste, de passage à Genève, confie: «Le Père Noël, je le voyais plus lunaire, plus largué. Il ne travaille qu’un soir par année, cela limite fortement ses mouvements.»

Parmi ses films de chevet, ce cinéphile pur et dur avoue avoir visionné une trentaine de fois La vie est belle, de Frank Capra, et sans doute autant de fois le mythique Le Père Noël est une ordure. «Je suis un fan de base, j’adore les films de Noël. En France, on diffuse plus ou moins toujours les mêmes durant les Fêtes.» Comme tant de spectateurs à moitié assoupis devant le poste, il a ainsi cédé à Love Actually, de Richard Curtis, Le Grinch, de Ron Howard, Fantômes en fête, de Richard Donner, etc.

Pourtant, sans forcer la promotion, l’éternel gamin insiste, la magie cinématographique se joue dans les salles. Avec un sourire extatique, il confie un souvenir de kid émerveillé: «Je découvrais invariablement le dernier Walt Disney au cinéma Rex à Paris. Mais ce que j’adore par-dessus tout, c’est me trouver à New York et visionner un film qui se déroule dans les rues de New York au moment de Noël.» Au-delà, l’artiste avance un critère irrésistible: «Je refuse de tourner les films que je n’ai pas envie de voir. Ou ceux que j’ai l’impression d’avoir déjà faits. Ou alors, une rencontre avec un cinéaste qui se passe moyennement. Cela étant, j’aimerais bien réaliser un film sans jouer dedans.» Sur le reste, Alain Chabat demeure aussi traditionnel que la dinde au four quant aux flonflons et clochettes de la bande-son des Fêtes. «J’adore Let it Snow!, dans la version de Dean Martin. J’adore aussi, dans un film de Bill Murray, A Very Merry Christmas, une version démente de White Christmas par Miley Cyrus.» Un lutin passe ou trépasse. «Depuis, j’ai même de la passion pour elle.»

Si Alain Chabat cultive la nostalgie, le producteur en lui sait s’intéresser aux progrès réalisés dans le domaine du film familial. Désormais, l’anticonformiste sait combien l’audace peut payer. Ainsi a-t-il partagé ses passions intimes avec le monde entier. Voir le Français, pas si Nul, en vaillant explorateur persuadé de l’existence du Marsupilami, qu’il s’en allait filmer jusqu’en Palombie en 2012. À ses débuts dans la mise en scène, il y a déjà vingt ans, ce clown à l’humour crypté rendait enfin la parole à un chien, Didier. Auteur d’un délirant Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre, superproduction périlleuse qui rentra dans ses frais avec bénéfices à la clé, il finissait de gagner un statut de fantaisiste culte. Improbable rejeton de Goscinny et de De Funès sous forte influence potache de Mad, le modeste s’est inventé un univers, a suscité des vocations. Une école Chabat en somme. «On me le dit, oui. C’est bizarre car j’ai moi-même plutôt l’impression d’être inspiré par les autres.»

Dans Santa & Cie, tout veiné de tradition, la modernité explose en douce, dans le recours à des effets spéciaux intensifs. «J’aime quitter mes zones de confort. Là, comme Santa Claus a un costume vert, tout est tourné sur des fonds bleus.» Là encore, gros chambardement en cours tant cette pratique perfectionnée dans les studios américains devient désormais courante au pays de George Méliès, inventeur historique en matière de trucages du Cinématographe. Et ça bouge dans ce domaine du virtuel jadis accaparé par Hollywood. Après le triomphe international du Petit Prince, «un Éverest en stop motion!» son coproducteur, Aton Soumache, a adapté un classique de la littérature jeunesse, Drôles de petites bêtes. Là encore, il s’agit d’une réalisation 100% française sur les écrans de décembre. Voir encore la franchise Moi, moche et méchant notamment développée à Paris par les studios Illumination Mac Guff, ou les effets réalisés par BUF, la start-up de Pierre Buffin impliquée dans les films Harry Potter, Blade Runner 1949 ou Avatar.

Si, en termes de virtuosité, les artisans de l’Île-de-France ne semblent plus rien redouter de leurs collègues d’outre-Atlantique, leur compétitivité souffrait au niveau du coût en raison de taxes diverses. D’où, récemment, un ajustement bienvenu du gouvernement français qui soigne cette branche de son septième art par une politique de crédits d’impôts. Ces mesures ont eu un effet tangible avec des résultats immédiats: de 60% en 2015, la part des effets spéciaux fabriqués à l’étranger est tombée à 42% en février dernier. Sur Santa & Cie, Alain Chabat évoque «le minigeste citoyen» et collabore avec trois sociétés locales, Mikros, Digital District et la Compagnie générale des effets visuels. L’opération, à hauteur de 5 millions d’euros, permet de matérialiser les lutins en pleine action, comme les facéties des rennes et autres miracles de Laponie. «Mais le Père Noël existe, voyons!» se rebiffe-t-il. Suivant son génie décalé, difficile de ne pas le croire.


Santa Claus & Cie

L’histoire Patatras… L’armée du Père Noël, soit 92'000 lutins, est décimée par un mal étrange. Contraint de trouver le remède au plus vite, le bon Père descend sur Terre. Là, il va s’initier à toutes sortes de pratiques étranges inhérentes au genre humain.

L’enjeu Alain Chabat fidèle à sa touche, se moque de réaliser un film «franco-français» à visée internationale, il défend son style propre. Soit un alliage inédit d’effets à la pointe de la technologie, de gags loufoques sortis de son esprit potache. Dans la grande tradition de l’humour absurde bien maîtrisé, sa manière n’a pas toujours été comprise – voir Les gamins dont il était le mentor.

Le gag En est-ce vraiment un? Le réalisateur avoue avoir eu cette idée un 25 décembre.

La cible Pour tous, les parents en premier.

Comédie (Fr., 95’, 6/6). Cote: *** Dès me 6.


Jumanji 2

L’histoire Quatre ados découvrent le jeu Jumanji sur une antique console. Et deviennent pour de vrai leurs avatars. Pour en sortir, il faut gagner la partie.

L’enjeu Il y a plus de vingt ans, Robin Williams propulsait le bestiaire Jumanji dans la légende. Les geeks contemporains se souviendront-ils d’Alan Parish?

Le gag Le minishort exhibé par Ruby a été jugé infamant pour la condition féminine et a défrayé la Toile. Les studios ont invoqué la précision historique quant à une vieille pratique sexiste.

La cible Les ados fans de console et du colosse Dwayne The Rock Johnson.

Aventure (USA, 119’). Pas vu. Dès me 20.


Drôles de petites bêtes

L’histoire Nouveau venu au Royaume, le grillon Apollon est accusé d’avoir enlevé la souveraine de la ruche. En fait, Huguette la diabolique fricote avec les Nuisibles pour s’emparer du trône. Mireille l’Abeille et ses amis se lancent au secours de la reine Marguerite.

L’enjeu Créés en 1995 par Antoon Krings, fan de dessin, ces contes tirés à 18 millions d’exemplaires se consacrent chacun à un insecte. Soit 60 tomes déclinés en série TV, peluches, jeux, CD, livre de cuisine.

Le gag Kev Adams se prend pour le pou Loulou. Ne lui en cherchez pas.

La cible Les tout, tout-petits.

Animation (Fr., 80’, 0/6) Cote **


Ferdinand

L’histoire Le brave Ferdinand est confondu avec un taureau vicieux. Il va devoir sauver sa peau et se trouver des alliés.

L’enjeu Après trois Âge de glace, deux Rio, un Robots, l’Américain d’origine brésilienne Carlos Saldanha, 49 ans, se démarque.

Le gag Inconnu, Ferdinand? Meuh non. Adapté d’un conte de 1937 par Ward Kimball, père fondateur de Disney, le taurillon anticonformiste pour l’époque côtoie Jiminy Cricket (Pinocchio) et le Chat du Cheshire (Alice) dans l’histoire de l’animation. Après Disney, son concurrent Blue Sky l’apprivoise.

La cible Le public bon enfant de l’animation classique à la Disney.

Animation (USA) Pas vu. Dès me 20


Paddington 2

L’histoire Repu d’amour et de marmelade à l’orange, l’ours Paddington vit heureux à Windsor Gardens. D’autant qu’il a trouvé un cadeau idéal pour les 100 ans de tante Lucy, un livre ancien rare. Mais il est volé!

L’enjeu David Heyman, producteur de Harry Potter, veut garder le parfum «so British» de la mascotte, cocktail d’humour poétique et de précieuses valeurs «old fashioned» qui a conquis dans la première adaptation.

Le gag Dans une suave parodie d’acteur fat, Hugh Grant remplace Nicole Kidman dans le futal rose du méchant hilarant.

La cible Pour tous, et même les parents.

Comédie (G.-B., 107’, 0/6) Cote: *** Dès me 6 déc.


Coco

L’histoire Miguel, 12 ans, se croit l’héritier du guitariste virtuose Ernesto de la Cruz. Mais dans sa famille, la musique est bannie depuis un drame sentimental. Le jour de la fête des morts, une formidable fiesta au Mexique, le gamin passe dans l’au-delà.

L’enjeu Tout en respectant l’essence du folklore mexicain, le concept de la mort notamment, Pixar vise l’éternité. Dans la lignée des animations «philosophiques» de la maison, un bijou d’intelligence émotive.

Le gag Hector, l’ami squelettique de Miguel, fera de vieux os en matière d’animation!

La cible Comme tout Pixar qui se respecte, charmer petits et grands. Contrat rempli.

Animation (USA, 109’, 6/8). Cote: *** En salle.


Papa Moll

L’histoire Ce week-end, Papa Moll doit surveiller son clan. Mais contraint à des heures sup’à la fabrique de chocolat, le brave homme a fort à faire: ses gosses déclarent la guerre à ceux de son patron.

L’enjeu Assez fameux en Suisse alémanique pour devenir l’attraction des bains thermaux de Zurzach, Papa Moll, créé dans les années 1950 par Edith Oppenheim-Jonas, espère retrouver la gloire sur grand écran.

Le gag Hors Suisse allemande, la Moll Touch est longtemps restée énigmatique.

La cible Le public suisse tout entier, puis le reste du monde.

Comédie (CH, 90’, pas d’âge). Cote: ** Dès me 20.


Vous vous considérez comme le roi ou la reine de Noël? Vous connaissez vos classiques ciné des Fêtes sur le bout des doigts? Testez vos connaissances!

Noël devant la télé

Question 1 sur 19:

Qui interprète «le Grinch» dans le film éponyme de Ron Howard?

Ben Stiller

Jim Carrey

Adam Sandler

Créé: 05.12.2017, 08h08

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