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«Perpétuer le Ciné-Festival, c’est une façon de rappeler le sens de la fête propre au cinéma»

Du 30 octobre au 4 novembre, les toiles de fin d’année se dévoilent en avant-première. Passage en revue avec Jean-Daniel Cattaneo.

Restructuré sur une poignée de salles, densifié sur Lausanne-Prilly, noyauté de nouveaux tentacules depuis sa création en 1985, le Ciné-Festival persiste. La 21e édition privilégie les avant-premières pour doper la curiosité jusqu’à janvier. La manifestation tient de baromètre dans le paysage cinématographique. Ainsi du bouleversement des paramètres, du haut en bas de la chaîne, de Netflix qui change la donne au niveau des producteurs, aux tablettes et autres supports qui modifient la consommation. Le point avec Jean-Daniel Cattaneo, organisateur.

Un changement dans la distribution des films est-il perceptible?

Indéniablement, les petites maisons indépendantes se multiplient. Elles distribuent des films neufs, productions plus modestes, très originales souvent, qui trouvent preneur dans des salles comme le Bellevaux, le City Pully et même la Cinémathèque. En programmant cette édition du Ciné-Festival, j’en ai même découvert que je ne connaissais pas, comme Seven Distribution par exemple.

Cela impacte-t-il le concours de la meilleure avant-première?

Parmi ces 12 films, il y a six français, six du reste du monde. Jadis, y auraient figuré sans doute plus de productions indépendantes américaines. Cette fois, il y a des russe, indien, etc. Le concours donne un panel représentatif de la production mondiale. À voir aussi nos jurés, 14 à 16 ans, je note qu’ils se détournent des noms sur une affiche, réalisateur ou acteurs, pour se centrer sur des thématiques. Et souvent, hors des cibles prévues!

À quoi sert le Ciné-Festival de nos jours?

En 1985, nous l’avons créé avec Jean-Claude Steiner pour enrayer la baisse de fréquentation, près de 100'000 spectateurs! Les cassettes vidéo étaient alors en cause. Cette année, une chute de 18% est déjà enregistrée et les chiffres de l’été ne vont rien arranger à la désaffection.

Les causes sont-elles profondes ou occasionnelles, météo, Mondial?

Soyons clairs. S’il fait beau lundi, j’ai 60 spectateurs. S’il pleut mardi, 600. Avec les mêmes films, les mêmes horaires. Le Mondial de foot, la médiocrité des blockbusters américains n’ont fait qu’aggraver l’effet météo. Au-delà, il est vrai que notre pays habitue à des sollicitations toujours plus pléthoriques, parfois gratuites de surcroît. Pourquoi aller payer pour du cinéma? Nous voulons montrer qu’au-delà de produits formatés par des algorithmes, la salle offre une expérience de partage, un spectacle unique. Nous voulons baliser ce goût de la fête dans les salles.

D’où ces échanges avec d’autres lieux culturels?

Exactement. Dans une vision plus globale, désormais mondiale, du 7e art, nous multiplions les passerelles avec des institutions comme l’ECAL ou le Musée de Pully, le festival du polar Lausan’noir, la Cinémathèque. Se faire une toile et basta, c’est totalement démodé.

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