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Pierre Salvadori prend ses rêves pour la réalité d’«En liberté!»

L’artisan filme des contes qui ne ressemblent qu’à lui-même entre polar, drame et fantasmagorie. Interview.

Pierre Salvadori, cinéaste et poète, souvent en même temps.
Pierre Salvadori, cinéaste et poète, souvent en même temps.
Florian Cella

De «Cible émouvante» en, Pierre Salvadori s’obstine à sauver le monde. Cinéaste et poète, souvent en même temps, le Corse, 53 ans, renoue avec ses losers dans «En liberté». Dans ce polar métaphysique, farce et dramatique, l’artisan trace une veuve qui fabule avec son fils sur l’aura de leur cher défunt. Puis ce flic soi-disant héroïque se révèle un ripou qui a mis en prison un pauvre loubard à sa place. Quand celui-ci sort, beau gosse au charme de chien fou, la veuve veut réparer les torts. Adèle Haenel, Pio Marmaï s’emploient à l’offensive de charme.

Vous dites être sauvé par «le concept de gratuité». C’est quoi cette histoire?

À 22 ans, en 1989, j’ai fait une dépression très grave, carabinée, affreuse. Une fois guéri de cette psychose terrible, j’erre dans un No Man’s Land. Puis je pense à revenir au monde. Et trouve ce moyen de rendre la vie à nouveau fastueuse: le concept de gratuité qui rend une noblesse à l’existence, une dimension miraculeuse.

Et ça vous mène au cinéma?

Par une mutation naturelle, la volonté à tendre vers la grâce. Ce sens de la vie s’est alors matérialisée dans l’exécution d’un travail, la mise en scène.

Mais pourquoi le cinéma?

Au début, moi, je ne voulais pas être artiste. Je cherchais la vie libre, dégagée des horaires d’une entreprise, de l’autorité. Je fais le comédien. Puis ce choc en 1990, je vois «Le ciel peut attendre», de Lubitsch, et là, je comprends ce que doit être la vie de réalisateur. Une évidence qui balaie tout.

D’où vient votre bonté à vous?

Je veux toujours rattraper le temps perdu, redresser la colère vers une énergie positive, la violence vers la création, la monstruosité vers l’humanité.

Pio Marmaï capte ça, comme jadis Guillaume Depardieu.

Mes acteurs possèdent toujours ce désir de liberté exacerbé, une force fragile qui m’attire, une fébrilité même qui émeut, déstabilise. Mes amis aussi sont ainsi. Alors pourquoi, ça je n’en sais rien. Au fond, ils me ressemblent.

Songes et mensonges, est-ce votre terrain de chasse?

Ah, le cinéma me passionne pour ce pouvoir de fabulation. Ça me rappelle les histoires merveilleuses que ma mère racontait sur mon père, ou les ruses qu’une amoureuse use par séduction, tous ces moyens d’enchanter le quotidien par la poésie. Les histoires consolent de la vie en nous offrant des trésors avant de nous laisser au sommeil. Comme un bonbon avant de pouvoir rêver.

Pourquoi la comédie?

La comédie, c’est le chaos organisé, planifier la surprise, fabriquer l’efficacité comique pour un spectateur aux aguets. Le cinéma rend cette danse démocratique. Et ça me plaît.

Comédie (Fr., 108', 14/16). Cote : **

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